Arrivé au Cameroun, Emmanuel Macron entame son tour d’Afrique pour réaffirmer les relations franco-africaines. Le chef de l’Etat entend également lutter contre l’influence russe sur le continent dans le cadre du conflit ukrainien.
Emmanuel Macron est arrivé ce mardi au Cameroun, une première visite dans le pays qui marque le début de sa tournée en Afrique. Le chef de l’Etat veut relancer la collaboration franco-africaine, et réaffirmer au Cameroun les relations politiques et économiques entre les deux pays, en perte de vitesse.
Le président a notamment rencontré son homologue Paul Biya à Yaoundé, la capitale du Cameroun. Alors que la France recentre ses liens avec l’Afrique, Emmanuel Macron s’inquiète aussi de l’influence russe sur le continent et dénonce l’agenda du Kremlin.
Interrogé lors d’une conférence de presse conjointe avec Paul Biya, à l’issue de la rencontre, Emmanuel Macron a jugé “préoccupante” la présence russe en Afrique.
“La Russie est heureuse là où le pouvoir est pris”
Le chef de l’Etat a commencé par évoquer la présence “d’une grande puissance politique et militaire qui a développé des relations avec plusieurs pays, comme il est normal dans le grand concert des nations”. Mais Emmanuel Macron y voit aussi une présence qu’il qualifie d'”hybride”, estimant que “la Russie a répandu beaucoup de fausses informations sur le sol africain, avec des agences comme Russia Today ou Sputnik”.
Le président de la République a également pris pour cible des milices, comme Wagner, qui opèrent en Afrique. “La coopération que nous avons vu se développer au Mali est très préoccupante”, a-t-il assuré aux journalistes. La Russie a également récemment signé un accord de coopération militaire de cinq ans avec le Cameroun en avril dernier.
Emmanuel Macron assure que la France, “en tant qu’amie de l’Afrique, veillera à ce que ce schéma ne s’étende pas trop loin”, car il toucherait principalement les peuples africains.
Avant cette rencontre diplomatique officielle, l’entourage du chef de l’Etat donnait déjà le ton des échanges.
Un proche du président informe BFMTV que le chef de l’Etat dénonce notamment “l’agression turque et russe qui veut faire revivre le passé colonial”.
« La Russie a un agenda africain qui n’est pas pour le bien-être de l’Afrique et des Africains, mais un agenda qui se nourrit de la déstabilisation et cherche à fracturer le monde. On voit bien la chorégraphie diplomatique russe qui se fait en ce moment. que c’est un vrai problème. Il se nourrit de la déstabilisation parce que la Russie est heureuse partout où elle prend le pouvoir », disent son entourage.
La tournée d’Emmanuel Macron se déroule donc sur fond de lutte d’influence avec la Russie. Le président avait déjà pointé du doigt mardi en début de journée les “problèmes de gouvernance économique” en Afrique : “il faut aider à réguler les questions de corruption et de surendettement qui sont un fléau pour le continent africain”.
Enfin, le président a qualifié d'”hypocrisie” la position africaine dans la guerre en Ukraine. En cause, la « pression diplomatique » : « En effet, c’est la Russie qui a lancé la guerre. Nous avons décidé de tout faire pour arrêter cette guerre sans y participer. Ce faisant, les Européens sanctionnent la Russie pour bloquer l’effort de guerre. et isolez-le. diplomatiquement. C’est là que nous avons besoin de vous aussi, sinon ce schéma se répétera pour toujours.
Avant d’évoquer l’épineux dossier russe, Emmanuel Macron est revenu sur de nombreux points clés concernant les relations entre la France et son “partenaire stratégique”, notamment la sécurité alimentaire et la menace terroriste sur le territoire camerounais.