Publié: 17/07/2022 – 07:04
Coopération militaire et économique, dialogue retrouvé avec les partenaires du Golfe, tels sont les grands axes de la nouvelle vision de l’administration américaine pour la région. Pour le reste, Joe Biden a dû se renier et laisser derrière lui ses principes pour marquer le retour des États-Unis au Moyen-Orient.
Adieu les grands discours sur les droits de l’homme et place aux photos avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, désigné par les services de renseignement américains comme commanditaire de l’exécution du journaliste Jamal Khashoggi. Dans le Golfe, Joe Biden a dû renier certains de ses principes et laisser derrière lui ses promesses de faire de l’Arabie saoudite un paria.
Il faut dire que certains des problèmes politiques internes du président américain pourraient être résolus à Riyad. Convaincre les monarchies du Golfe de produire plus de pétrole contribuerait à freiner la hausse des prix, et donc à restaurer le pouvoir d’achat des Américains.
A l’issue des réunions de samedi à Riyad, aucun accord n’a été annoncé, seul le président américain a évoqué des discussions fructueuses avec les Saoudiens et promis des résultats concrets dans quelques semaines. Des promesses loin d’être anodines si les prix ont chuté à la bombe aux Etats-Unis, à moins de quatre mois des élections de mi-mandat où le président enregistre une faible popularité.
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La presse américaine ne broie pas les mots
Dans les médias américains, la tournée de Joe Biden a été quelque peu éclipsée par sa rencontre avec le prince saoudien Ben Salman, rapporte notre correspondante new-yorkaise Loubna Anaki.
La photo, l’image revient encore et encore : Joe Biden faisant un premier « check » avec le prince héritier d’Arabie saoudite. Un échange tout simplement embarrassant pour le patron du Washington Post, dont le journaliste Kamal Khashoggi a été assassiné, probablement sur ordre de Mohammed ben Salmane. Le journal estime que ce geste implique non seulement “une intimité et un rapprochement entre les deux hommes, mais donne surtout une légitimité au dirigeant saoudien”.
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman “contrôle” le président américain Joe Biden à son arrivée au palais Al Salman à Djeddah, en Arabie saoudite, le 15 juillet 2022. VIA REUTERS – BANDAR ALGALOUD
De son côté, le New York Times estime que ce voyage en Arabie saoudite a surtout montré que, face au réalisme politique, Joe Biden n’a pas tenu ses promesses de revenir à une diplomatie fondée sur les valeurs démocratiques. “La politique étrangère de Joe Biden n’a pas de doctrine claire”, écrit le journal, “et sa marge de manœuvre est limitée au Moyen-Orient”. »
Pour les médias américains, le président était conscient que son déplacement ne ferait pas l’unanimité, mais il espérait que les conséquences, notamment pour la chute des cours du pétrole, suffiraient à justifier tout compromis et à redorer, quoique quelque peu, son image auprès des Américains. . Chose qui n’est pas encore gagnée. Un sondage plus récent montre que les deux tiers des électeurs démocrates ne veulent pas que Biden se présente à nouveau.
Pour Téhéran, Washington entend créer des tensions dans la région
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé les fausses accusations du président américain contre le programme nucléaire de son pays, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi, sa volonté de créer des tensions dans la région”, a-t-il déclaré. Nasser Kanani, affirmant que Téhéran le fera. Dans les deux Israël et l’Arabie saoudite, le président Biden a déclaré que les États-Unis ne permettraient pas à l’Iran de développer des armes atomiques, mais a déclaré qu’une action militaire contre le programme nucléaire de Téhéran était le dernier recours et que la diplomatie devait être préférée. L’Iran développe inlassablement son programme nucléaire en installant des engins de plus en plus modernes pour enrichir jusqu’à 20 ou 20 ans 60% Selon Washington, Téhéran dispose d’assez d’uranium hautement enrichi pour une première bombe, auxquels il faut ajouter le programme balistique et les nombreuses drones construits par l’Iran qui préoccupent les États. son et ses alliés.