18 juin 2022 à 10:04
Temps de lecture : 4 minutes
Numérique
Paris, reportage
« Si le changement climatique est l’affaire de tous, qu’attendez-vous pour en faire votre affaire ? » [1]. La banderole à l’entrée du salon Viva Technology, qui se déroule du mercredi 15 au samedi 18 juin, annonce la couleur. L’événement, qui s’appelle la plus grande exposition européenne dédiée “Technologie” entre autres d’installationmême fait “course à la neutralité carbone” l’un des thèmes phares de sa sixième édition. Tout “Vert” (vert) cette année. Parmi les stands de grands groupes connus pour leurs activités climatiques [2], on aperçoit alors des murs végétalisés, des dizaines de pots de lierre et des sapins déracinés. Le salon de la Porte de Versailles à Paris, où se tient VivaTech, est envahi par les logos d’entreprises telles que LVMH, BNP Paribas ou TotalÉnergies.
VivaTech regorge de logos d’entreprise. © Maïwenn Lamy / Reporterre
Si quelques bonnes idées sont clouées autour de certains stands, de nombreux exposants pratiquent un greenwashing sans scrupules. Journaliste vous propose une sélection des pires idées découvertes en salon.
1 – La garde-robe digitale “qui réduit votre empreinte carbone”
“N’achetez pas moins, achetez des vêtements numériques. » Acheter des vêtements pour nos avatars numériques consomme moins de ressources que de vrais accessoires de mode, se vante-t-il d’installation Dress X. Vendez des vêtements numériques que nous pouvons superposer à nos photos, comme un filtre, pour gagner en élégance dans le monde numérique. L’entreprise propose même des costumes de luxe à porter aux métavers : un univers virtuel.
Un costume virtuel pour 120 dollars (114 euros). © Maïwenn Lamy / Reporterre
Selon elle, la production de vêtements numériques émet 97 % moins de CO2 que son équivalent dans le monde réel. Il fournit également une comparaison des conséquences environnementales des produits physiques et virtuels. Le dernier “ne génère pas de déchets” et “sa production consomme moins d’eau”. Pour une robe de la collection haute couture, il faut compter une centaine d’euros.
2 – Un véhicule électrique volant… pour votre yacht
Jetson, une toute jeune entreprise, propose à ses clients des véhicules personnels électriques et des volants. Ton but? “Rendre les villes plus vivables en déplaçant le trafic automobile vers le ciel”dit son fondateur, Tomasz Patan, un Journaliste. Le produit est “Durable” puisque les véhicules ne consomment pas d’énergies fossiles, poursuit l’inventeur. Cependant, il n’a pas encore réussi à le poser “le ciel est à la portée de tous”, comme il le prétend. Les véhicules, mis en vente depuis quelques mois, coûtent environ 90 000 euros et les quelques centaines de clients n’ont toujours pas l’autorisation de circuler dans l’espace public à bord de ces engins. “Pour le moment, ils servent principalement à faire décoller leur yacht”accorde M. Patan.
3 – La banque publique qui réalise la vidéosurveillance
La banque sociale verte a conçu une banque publique capable de recharger les téléphones portables. Ce “banque intelligente”, d’une hauteur de 1,2 mètre, est conçu pour être fixé aux infrastructures publiques existantes. Il recharge les batteries la nuit, grâce à l’éclairage public, et propose alors une large gamme de services : connexion wifi, recharge de téléphone, appels d’urgence et… vidéosurveillance. “24 heures sur 24, 7 jours sur 7”.
Pour s’opposer à cela «Temple de la nation initiale sponsorisé par TotalEnergies », des militants écologistes ont été invités à l’émission. Et il a dénoncé – en chanson – les agissements de la plus grande compagnie pétrolière, et notamment le projet Eacop, un gazoduc climatisé de 1 443 kilomètres de long. Le groupe est sous le feu des projecteurs de nombreux militants pour le climat. Alors que quatorze départements sont en alerte rouge à la canicule, l’économiste Maxime Combes a appelé, dans un post sur son blog Mediapart, à nommer l’épisode. « Canicule non. 1 de TotalEnergies ”. L’objectif est de nommer les responsables des catastrophes climatiques que nous vivons.
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Remarques
[1] « Si le changement climatique est l’affaire de tous, qu’attendez-vous pour vous l’approprier ? »une version originale.
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18 juin 2022 à 10:04
Temps de lecture : 4 minutes
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