Près de 150 agriculteurs se sont mobilisés ce jeudi 2 juin, à l’occasion de la convocation de deux ouvriers aux installations de l’Office français de la biodiversité (OFB), à Trèves, après un contrôle du respect des zones d’interdiction de prélèvement (ZNT ). , liés à l’utilisation de produits phytosanitaires à proximité des cours d’eau. Les 2×2 voies, bloquées par des pneus enflammés, auront été fermées à la circulation pendant près de trois heures, tandis qu’une délégation a pu obtenir la suspension des prochaines audiences qui viendront pour d’autres procédures.
“On en a marre de tous ces contrôles, partout.” Accoudé à la portière d’un automobiliste coincé dans la circulation à l’arrêt à la sortie Carcassonne Est de l’A 61, un agriculteur explique les raisons de la colère. Une concertation au milieu d’une mobilisation agraire qui, ce jeudi 2 juin, aura empêché toute circulation sur les 2×2 voies entre Carcassonne et Trèves de 9h à 12h30, avec la fermeture de l’échangeur autoroutier jusqu’au départ. dans l’après midi.
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Une manifestation annoncée il y a une semaine sur les réseaux sociaux par le syndicat des vignerons, avec un “appel à la mobilisation” lancé pour l’appel à Trèbes, au siège de l’Office français de la biodiversité (OFB), de deux vignerons : Marc et Christophe. , 67 ans et 45 ans, père et fils vignerons de Névian, qui ont été contrôlés il y a près d’un mois par des agents OFB dans leurs exploitations. Une visite dédiée au respect de la réglementation en vigueur depuis 2006 sur les zones non traitées (ZNT), ces bandes de 5 mètres de large à proximité des cours d’eau ou des stations de pompage dans lesquelles les agriculteurs ne peuvent pas utiliser de phytoproduits pour le désherbage. Pour ces deux agriculteurs, la sanction encourue est forte : le code rural prévoit, en cas de non-respect de la réglementation sur les produits phytosanitaires, une amende pouvant aller jusqu’à 150 000 euros et 6 mois de prison.
Peu avant 12h, après un entretien avec les responsables de l’OFB, le point fait par Frédéric Rouanet, du syndicat des vignerons. Indépendant – NATHALIE AMEN VALS
Aussi, trop pour la profession qui a voulu envoyer un “message de colère pour les dérives et les abus de ces contrôles”. Une mobilisation a commencé avec le syndicat des vignerons, la fédération départementale des syndicats d’agriculteurs (FDSEA), mais aussi la chambre d’agriculture, dont les trois présidents (Frédéric Rouanet, Jean-Louis Alaux et Philippe Vergnes) faisaient partie d’une délégation reçue au OFB ce même matin. Trois représentants sont venus contester le formulaire, protestant que des agents “armés” étaient entrés dans les vignes
; mais aussi l’essentiel, jugeant ces vignerons « injustement poursuivis », ainsi que la dizaine d’agriculteurs concernés par la procédure en cours sur ces mêmes ZNT.
Un “feu” a été périodiquement reposé tout au long de la matinée : les 2×2 voies ont pu être rouvertes entre midi et 14h, tandis que le péage de Carcassonne Est a repris du service peu avant 14h. Indépendant – NATHALIE AMEN VALS
On est poussé à bout, c’est la goutte d’eau qui a cassé le dos du chameau
Sur l’autoroute, alors que les discussions se poursuivaient à proximité, dans les bureaux de l’OFB, les 150 professionnels réunis ont livré un cocktail de rage et de fatigue. “Nous sommes poussés à bout”, a déclaré Jacques Serres, patron des anciens opérateurs.
Circulation impossible pendant près de 3 heures, et déviations mises en place par la gendarmerie et la police. Indépendant – NATHALIE AMEN VALS
“Les agents de l’OFB sont venus en cow-boys”, insiste Pierre, vigneron de Coursan. Avant d’évoquer une chemise d’une force trop lourde : « Il n’y a pas une seule rivière qui ne soit répertoriée par ces ZNT, on ne peut plus travailler. C’est déjà assez compliqué, entre les contraintes climatiques, administratives et économiques, les difficultés d’embauche. pour l’environnement, on en fabrique : j’ai acheté des phytogabinets, j’ai ramené mon pulvérisateur au niveau pour 20 000 balles… “Un enjeu économique qu’évoque aussi ce viticulteur “établi depuis 28 ans” à Moussoulens, la 3ème génération travaillant sur ces 25 ha dont 10 en AOC. Devant les gendarmes, il avance l’équation : « Je travaille 18 heures par jour et je ne gagne pas ma vie : je ne gagne même pas le SMIC, parfois avec 500 euros par mois. » La banque m’appelle deux fois. un mois. chez moi tu verras mes comptes.” Ce qui finira jusqu’ici inimaginable : “Avec ma femme, on tient à continuer. On a deux enfants, et on ne veut pas qu’ils se remarient.” Un manque d’amour exposé avant de retourner à ces contrôles, et la manière utilisée : « Qu’ils viennent, qu’ils nous disent, bien sûr. Mais venir avec des revolvers et dire tout de suite c’est une amende, ce n’est pas possible. peut “j’ai 400 €, je ne les ai pas”.
Pendant que la délégation était reçue à l’OFB, environ 150 vignerons occupaient l’autoroute. Indépendant – NATHALIE AMEN VALS
“Mythe satisfait”
A l’issue de l’entretien avec l’OFB, Frédéric Rouanet, président du syndicat des vignerons, s’est montré “à moitié satisfait. Nous avons obtenu la suspension de toutes les audiences futures, prévues demain et la semaine prochaine, pour le reste des viticulteurs contrôlés”. Cette réunion permettra d’examiner tous les dossiers : ce sont des gens qui ont bien fait, ils n’ont pas jeté de glyphosate dans les rivières. Et cette année il n’y aura plus de contrôles dans la ZNT”. Et d’évoquer la promesse d’un déplacement du directeur national de l’OFB, “pour lancer un mode de fonctionnement plus pédagogique”, rappelant la volonté que les agents “soient désarmés lorsqu’ils viennent dans les vignes, et qu’ils préviennent les vignerons”. “Les inspecteurs de l’OFFB sont chargés de la police administrative et judiciaire de l’environnement (eau, espaces naturels, flore, faune, chasse, pêche).