La députée des Yvelines a été choisie par ses collègues mercredi. Considérée comme une travailleuse acharnée et “grande gueule”, cette trentenaire de droite devient la première femme à présider le groupe principal à l’hémicycle.
Victoire sans euphorie pour Aurore Bergé. Après la défaite surprise de Christophe Castaner dans son fief des Alpes-de-Haute-Provence, le député des Yvelines a été élu dès le premier tour, mercredi 22 juin, à la tête du groupe Renaissance (ex-La République en Marche , LREM). ). Une mission qui apparaît comme un défi pour ce parlementaire de 35 ans, dans une Assemblée très fragmentée sans majorité relative formée à l’issue des élections législatives.
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Avec 88 voix sur 155, Walker devient la première femme – et la plus jeune – à être nommée présidente du groupe principal de la Chambre (175 députés sur 577), devançant ses concurrents Guillaume Vuilletet (29 voix), Rémy. Rebeyrotte (25 ans) et Stella Dupont (11 ans). Déjà candidate à ce poste en 2020, elle avait penché de justesse vers l’ancien ministre de l’Intérieur (45 % des voix contre 55 %), qui l’avait investie comme vice-présidente du groupe. A l’époque, les députés avaient décidé de choisir un chef plus consensuel.
C’est que le profil travailleur et “grande gueule” d’Aurore Bergé reste très marqué en macronie. Ancien Sarkozy proche de Valérie Pécresse, philanthrope lors de la course à la présidentielle UMP en 2012, puis jupitériste jusqu’à sa concentration sur Emmanuel Macron en 2017, l’ancien député républicain s’est longtemps fait remarquer parmi les marcheurs – plus nombreux – de la gauche. Certains se moquent de son opportunisme politique, alors qu’il ne cesse de défendre sa “cohérence” face à une droite “dure”.
Ligne forte sur la laïcité
Signe de ses ambitions, cette femme têtue attend depuis longtemps de rejoindre les rangs du gouvernement. Sinon, il se rend à l’Assemblée, parmi les députés « de droite » de la majorité la plus active. A la pointe de la réforme de l’audiovisuel et de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PAM) à toutes les femmes, elle faisait aussi partie du petit groupe d’élus aux positions fortes sur la laïcité.
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L’an dernier, cet ami proche de l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer a profité de l’examen du projet de loi “séparatisme” pour proposer une de ses idées fixes : une interdiction du port du voile islamique aux mineurs dans l’espace public. En vain. Cette ancienne communicante familière des plateaux de télévision le sait : sa ligne dans ce domaine est minoritaire dans le champ présidentiel.
“Trouver un compromis”
Dans une majorité plus à droite, pourra-t-il imposer ses vues ? Il est en effet le premier avec les oppositions qu’il devra négocier. En bonne marcheuse, Aurore Bergé ne jure que par le « collectif ». Application immédiate : elle devra discipliner ses troupes et s’engage à « chercher un compromis » dans les autres rives de l’hémicycle. Aussi avec Les Républicains (LR), dont beaucoup la considèrent comme le symbole d’une “trahison”, comme le président du Sénat Gérard Larcher, son ennemi dans les Yvelines.
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Le député doit aussi composer avec les partenaires politiques devenus incontournables : le Mouvement démocrate (MoDem) et Horizons, avec 48 et 29 élus. Sans oublier la relation à nouer avec la Première ministre Elisabeth Borne, suspendue à la tête du gouvernement. L’ex-LR et l’ancien socialiste doivent s’entendre, au moins à court terme, dans une alliance politique dont la macronie est le secret.