10 ans après sa relégation, l’AJ Auxerre est à un match d’un retour en Ligue 1.
En arrachant le nul dans leur antre de l’Abbé-Deschamps dans les ultimes minutes le 26 mai face à Saint-Etienne, l’AJ Auxerre conserve toutes ses chances de retrouver la Ligue 1 la saison prochaine. Retour sur l’histoire d’un club emblématique du football français, et son retour sur le devant de la scène.
Auxerre est monté pour la première fois en Division 1 en 1980. En terminant 10e, 15e et huitième, le club réalisera l’exploit de monter sur le podium d’un championnat dominé les années précédentes par Saint-Etienne, Nantes et Monaco. Avec des joueurs vedettes comme Patrice Garande, le meilleur buteur de son histoire Andrzej Szarmach et des internationaux français comme Basile Boli et Joel Bats, Auxerre se consolide dans l’élite avec de bons résultats en participant aux compétitions européennes, sans toutefois remporter un autre titre.
Les années dorées
Le club se prépare alors à deux décennies de grands succès. En recrutant l’ancien Anderlechtois Enzo Scifo en provenance des Girondins de Bordeaux, Auxerre a éliminé le Standard en huitièmes de finale de la Coupe UEFA 1991-1992, avant de s’assurer un tour de force en éliminant le grand Ajax d’Amsterdam. L’AJA est éliminée en demi-finale par Dortmund après un match retour épique. Puis vint le premier trophée majeur de l’histoire du club, avec une victoire en finale de Coupe de France 1994 contre Montpellier.
Deux ans plus tard, c’est la consécration. Auxerre a battu le FC Nantes, champion en titre, et a remporté son premier titre français sous le nez et la barbe du PSG. Avec des joueurs comme Laurent Blanc et Sabri Lamouchi, les Auxerrois soulèvent également leur deuxième Coupe. La marque de Guy Roux, l’entraîneur du club depuis 1961 (oui, oui, vous ne rêvez pas) est à jamais dans l’histoire du club, et il n’est pas prêt de finir en si bon chemin. En 1997, Auxerre réalise son meilleur résultat en Ligue des champions, échouant en quart de finale.
Après son premier titre européen en 2000 avec la Coupe Intertoto, Auxerre a vu émerger une génération exceptionnelle, avec Jean-Alain Boumsong, Philippe Mexès et bien sûr Djibril Cissé, qui a inscrit 90 buts en 5 saisons et mené l’AJA vers une troisième victoire. de la Coupe de France. en 2003. En 2005, après une quatrième et dernière victoire en Coupe de France face à la Sedan, le mythique Guy Roux prend sa retraite. Il a entraîné l’AJA 653 fois. Sous la houlette du natif de Colmar, Auxerre aura gravi tous les échelons du football français.
La descente
Si l’on pourrait croire que le club a été relégué au second plan après le départ de son entraîneur emblématique, ce ne sera pas le cas dans l’immédiat. Lors de la saison 2009-2010, Auxerre était même tout près de remporter à nouveau le championnat sous la houlette de Luis Fernández mais s’incline face à l’OM de Didier Deschamps. A un moment significatif, des joueurs emblématiques : Benoit Pedretti, Ireneusz Jeleń, Daniel Niculae, Anthony Le Tallec, …
Mais bientôt, tout cela va s’effondrer sans que personne ne s’y attende. Des désaccords internes impliquant notamment Guy Roux conduisent à la destitution du président. Pour ne rien arranger, Luis Fernández quitte le club qui sombre et est relégué en Ligue 2 à l’issue de la saison 2011-2012, après 32 saisons dans l’élite.
En difficulté financière, Auxerre est rachetée par Guy Cotret, ancien cadre de la Caisse d’Épargne. Auxerre est proche de la relégation et accède à la finale de la Coupe de France, remportée par le PSG (1-0).
Une nouvelle ère
Auxerre a été racheté en 2017, cette fois par l’homme d’affaires chinois James Zhou. Mais sous la houlette de l’actuel entraîneur de Virton, Pablo Correa, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances.
Il faudra attendre la saison 2019-2020 et la nomination de Jean-Marc Furlan, un nombre record de promotions en Ligue 1 (avec Troyes et Brest notamment) pour que l’AJA revienne sur les terrains. Sixièmes de Ligue 2 la saison dernière, les Auxerrois ont réussi à tenir les barrages puis à éliminer Sochaux.
Sans vraiment de star mais avec des joueurs expérimentés comme l’ancien Brestois Gaétan Charbonnier ou son capitaine Birama Touré, passé par le Standard de Liège, le club peut revenir en Ligue 1 avec un effectif à la valeur boursière cumulée de seulement 19,35 millions d’euros, le 10e noyau le plus apprécié du championnat. Tout cela en ayant dépensé un peu plus de 10 millions en deux ans.
“C’est dommage d’avoir des occasions. Ça va être compliqué. Dommage que je n’aie pas marqué un ou deux buts de plus. Ce qui m’a surpris, mais c’est normal, c’est le rythme imposé lors du match initial par Saint-Étienne. Nous verrons ce qui se passera dimanche », a déclaré Furlan à beIN Sports après le match nul face à l’ASSE. On verra, vraiment. Un duel entre deux clubs historiques, Saint-Etienne étant plus proche que jamais de tomber après avoir remporté 10 fois le championnat de France…