Par Alice Develey
Publié hier à 17:51, Mis à jour hier à 20:51
« On ne se développe pas très intellectuellement quand on maîtrise mal sa langue, sa structure et son vocabulaire », explique Sylvie Germain. ULF ANDERSEN / Aurimages via AFP
MAINTENANCE – La romancière Sylvie Germain, menacée de mort par des élèves après un examen de français au lycée dans l’un de ses ouvrages, défend l’importance de « réveiller son intérêt pour le vocabulaire, le goût et le pouvoir des mots ».
En juin dernier, les lycéens français se sont vu offrir un extrait du roman Jours de colère de Sylvie Germain (Gallimard). Un texte “trop difficile” à analyser selon certains étudiants, qui s’en sont débarrassés sur les réseaux sociaux au point de menacer de mort la romancière.
LE FIGARO. – Certains lycéens ont considéré que votre texte (abandonné au lycée général français) et celui de Leïla Slimani (au lycée professionnel) étaient “Trop difficile”. Eren ?
Sylvie ALLEMAND. – Je reste sceptique, ces textes ne présentent aucune difficulté, il n’y a rien d’hermétique. Doit-on désormais proposer des extraits de livres pour enfants au lycée ? Et puis, au bac philo, que feront-ils devant un texte de Platon, Kant ou Sartre ? Faut-il abandonner quand le niveau de certains élèves baisse ? Jusqu’où irons-nous aux facilités, à la médiocrité ?
Il vaudrait mieux donner aux élèves le goût et l’intelligence de lire tôt, pour éveiller leur curiosité et leur intérêt pour le vocabulaire…
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