Une reprise est attendue depuis plus d’un an. Mais depuis plus d’un an, on se demande si le pire est encore à venir. En juin 2022, les ventes de voitures ont chuté pour le treizième mois consécutif. Et une baisse pas si légère sans gravité : une baisse de -14,24% en données brutes selon la PFA (la plateforme automobile). Depuis le début de l’année, la baisse est continue et atteint 16,34 %.
Cette chute à la période de l’année où les Français se rendent traditionnellement chez leur concessionnaire pour commander leur nouvelle voiture, pour la prendre pendant les vacances, est symptomatique de cette étrange période d’attentisme général. L’attente d’une crise encore plus profonde et d’une inflation galopante se conjugue à l’attente de modèles disponibles, compte tenu de l’allongement des délais de livraison. Résultat : les clients potentiels retardent leur achat et quittent les showrooms.
Renault limite la casse
Mais toutes les pharmacies de marques différentes ne sont pas condamnées à la même peine. Citroën est en baisse de 29,37%, tandis que Peugeot limite la cassure à -4,85% “seulement”. La surprise vient de l’éternel concurrent Renault, qui enregistre une toute infime hausse de ses ventes avec un +0,76 un peu glorieux. Merci Arkana, qui confirme votre succès, alors que les commandes de la Mégane e-tech électrique sont encourageantes. La palme française, ou plutôt franco-roumaine, revient, comme à son habitude, à Dacia, qui a enregistré un bond de 15,88 % en juin.
Le Renault Arkana confirme son succès.
Hors de nos frontières, plus de salut. Les marques étrangères ne font pas mieux, à l’exception d’Alfa Romeo qui enregistre une magnifique progression de + 34,36 %. Mais ce rebond est simplement lié à l’arrivée sur le marché du nouveau SUV compact Tonale et les ventes globales du Milanais n’ont pas dépassé les 756 exemplaires le mois dernier en France. Hormis ce petit miracle marginal, les grands importateurs suivent le même régime sec que les marques nationales. Ford a chuté de 18,86 %, Huyndai-Kia de 11,08 % et Volkswagen est toujours en baisse de -38,86 %.
Regardez la chute vertigineuse de deux fabricants qui, depuis le début de la pénurie de semi-conducteurs, se sont plutôt bien passés, mais Tesla et Suzuki ont également été pris dans la patrouille de crise puisque le premier affiche une baisse de -3,80 % et le second des baisses. jusqu’à -46,52%.
Un avenir pas si brillant
Cette avalanche de mauvaises nouvelles n’est même pas compensée par un regain de santé pour les services publics. Ses ventes sont également en berne avec une baisse de 21,95 %. Et que ce soit au rayon fourgons ou au rayon véhicules légers, l’avenir proche ne devrait pas être moins sombre. Les deux prochains mois, habituellement lents pour les vacances, ne devraient permettre aucune augmentation.
Quant au second semestre, absolument rien, pas même le moindre indicateur, qu’il soit économique ou géopolitique, ne permet de prévoir un rebond. Le prix excessif du carburant, la raréfaction des semi-conducteurs et des matières premières, l’inflation galopante forment le pire cocktail répulsif possible qui n’a pour effet que de faire fuir les potentiels acheteurs de voitures. Les plus optimistes prévoient une légère hausse en 2023. A l’année prochaine.