Barrage d’Eupen : de nouvelles pratiques pour éviter les catastrophes

En province de Liège, on tire les leçons des inondations de juillet 2021. Les gestionnaires de barrages et voies navigables ont revu leur copie et mettent en place de nouvelles méthodes. L’objectif : éviter que les barrages ne se saturent en cas de crue, comme ce fut le cas l’été dernier.

Vu d’en haut ou d’en bas, c’est un travail colossal. Grâce à son mur, le barrage d’Eupen concentre artificiellement 25 millions de mètres cubes d’eau. Une réserve qui concentre trois missions : constituer une réserve d’eau potable, produire de l’hydroélectricité et retenir les crues. Des missions qui peuvent être opposées. En effet, si le barrage doit jouer le rôle de “bassin d’orage”, il ne peut pas rester vide. Son but principal est de fournir l’équivalent de 2 ans d’eau potable. Mais parfois, il faut lâcher prise.

Parfois, il faut lâcher les eaux

Le barrage d’Eupen, comme beaucoup d’autres, fonde son système d’écoulement sur 3 axes. Un tuyau qui actionne une turbine et permet la production d’énergie hydroélectrique. Deux lignes de drainage pouvant débiter jusqu’à 35 m³/seconde chacune. Et puis il y a le trop-plein, cette sorte d’échelle géante qui traverse le barrage et permet à l’eau de s’écouler sans déborder.

En juillet dernier, il a fallu utiliser ce déversoir sans lequel l’intégrité du barrage aurait été mise en danger. Mais pourquoi s’est-il rempli si vite ? Thibaut Mouzelard et l’Inspecteur Général (SPW) du Service des Eaux et Barrages de Liège. Il explique : « Comme nous l’avons vu, il doit y avoir un jeu constant entre un minimum d’eau pour alimenter la région en eau potable, et un maximum d’eau pour faire face à d’éventuelles inondations. C’est ce qu’on appelle une réserve de remplissage. juillet, cette réserve répondait à nos équations, nous avions suivi la procédure à la lettre, mais notre équation n’avait pas pris en compte la quantité d’eau exceptionnelle qui tombait durant cette période, et il fallait profiter du débordement”, sinon le barrage pourrait ont explosé avec des conséquences catastrophiques que nous osons à peine imaginer.

Un modèle mathématique sophistiqué

Cette réservation d’arrimage a maintenant été révisée. De 2 800 000 m³ disponibles, nous sommes passés à 7 000 000 m³, soit plus du double. “Le but, explique Thibaut Mouzelard, c’est d’être très prévoyant pour ne pas revivre une telle situation, mais c’est une mesure temporaire.” En fait, à long terme, un nouveau modèle mathématique prendra en compte les prévisions météorologiques en direct, le ruissellement de l’eau dans le lac et le taux de saturation en eau du sol. “Cela nous donnera un modèle beaucoup plus précis et nous permettra de nous préparer à toute éventualité. De plus, les ingénieurs de service ont doublé.”

Une autre mesure prise est l’optimisation de la concertation entre les unités d’expertise. « Ce sont des réunions organisées par le centre régional de crise, et qui réunissent, selon les situations, des experts de tel ou tel secteur et qui permettent à tous les agents concernés et à tous les décideurs nécessaires de se réunir autour de la table. . Réagissez et anticipez au maximum.”

Une période difficile, humainement.

Thibaut Mouzelard espère ne pas revivre la situation de l’an dernier, tant pour la population que pour leurs équipes : “Ce fut une période très intense et humainement dure pour beaucoup de personnes qui se sont senties visées dans l’exercice de leur métier, nous espérons pouvoir montrer les bénéfices que le barrage d’Eupen et les autres apportent à la population ».

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