La récolte, qui bat encore son plein en Wallonie, est globalement bonne, tant en qualité qu’en quantité. Cependant, certains rendements peuvent varier fortement d’un champ à l’autre, alors que les producteurs font face à une forte augmentation des coûts de production.
“Globalement c’est bon mais hétérogène : dans une même filière, on peut avoir un rendement en escargot qui varie de six à 12 tonnes à l’hectare. Il en va de même pour le blé, où le rendement peut aller de huit à 14 tonnes à l’hectare”, explique Olivier. Henroz, responsable céréales de Walagri, entreprise particulièrement active dans la collecte de céréales et d’oléagineux et de protéines.
Ces disparités s’expliquent par des semis difficiles et le fait que certaines parcelles aient été dégradées l’an dernier lors d’un dernier automne très humide. En Hesbaye liégeoise, où les sols sont profonds et argileux, “on a des rendements records. Dans le Hainaut, c’est plus compliqué et disparate. Dans le Condroz, on est un peu en dessous des rendements moyens”, poursuit le spécialiste. « La qualité est également très bonne. Le blé est sain, bien rempli », note Olivier Henroz.
Une bonne nouvelle pour remplacer le tournesol produit en Ukraine
Quant au colza, les rendements sont en hausse de 20 % cette année, ce qui est une très bonne nouvelle dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la pénurie d’huile de tournesol qui en résulte. L’huile de colza est largement utilisée comme substitut de l’huile de tournesol par les entreprises alimentaires. Le colza est également utilisé dans les biocarburants.
Résultats mitigés pour l’épeautre
Enfin, pour l’épeautre, “ça traîne un peu plus, les rendements ne s’annoncent pas trop beaux. On est en dessous des moyennes des cinq dernières années”, conclut Olivier Henroz.
Baisse des récoltes au niveau européen
La Fédération wallonne de l’agriculture (Fwa) confirme que les rendements céréaliers sont “bons” cette année dans le sud du pays. « Mais au niveau européen, la Coupe (le Comité des organisations professionnelles agricoles, qui représente plus de 22 millions d’agriculteurs européens, ndlr) prévoit que les récoltes céréalières chuteront cette année de 4,4 % par rapport à 2021 et de 3,8 % par rapport à la moyenne. des années précédentes », souligne Aurélie Noiret, conseillère du service des études du syndicat agricole, en marge de la Foire agricole de Libramont.
Fwa note au passage que les coûts de production, y compris les engrais, ont explosé après l’invasion russe de l’Ukraine. Quant aux prix des céréales, ils sont actuellement élevés, mais restent très volatils et tous les agriculteurs n’ont pas la possibilité de vendre leur production lorsque les prix sont plus élevés.