C’était l’un des lieux indiqués pour cette journée du samedi 23 juillet. L’aéroport de Biarritz n’est pas passé entre les mailles du filet. Malgré une importante présence policière, six militants sont entrés sur la piste vers 2h30 du matin, marquant le début du blocus de cette journée. Seuls les passagers munis d’un billet d’avion pouvaient franchir les deux postes de contrôle de police.
La plupart des voyageurs ont pris des dispositions pour arriver tôt au terminal de peur de manquer leur vol. C’est le cas…
C’était l’un des lieux indiqués pour cette journée du samedi 23 juillet. L’aéroport de Biarritz n’est pas passé entre les mailles du filet. Malgré une importante présence policière, six militants sont entrés sur la piste vers 2h30 du matin, marquant le début du blocus de cette journée. Seuls les passagers munis d’un billet d’avion pouvaient franchir les deux postes de contrôle de police.
La plupart des voyageurs ont pris des dispositions pour arriver tôt au terminal de peur de manquer leur vol. C’est le cas d’un touriste anglais, arrivé de Seignosse vers 7h30 du matin pour prendre un vol… douze heures plus tard, à 20h00. “J’avais trop peur de ne pas pouvoir venir à Biarritz dans l’après-midi.”
Du côté de l’arrivée, en revanche, la surprise a été totale. Inès et Victoria, venant de quitter Paris par le vol de 8h20, se sont retrouvées devant une gare routière déserte. Ils ignoraient le fonctionnement et la fermeture exceptionnelle du réseau de transport urbain. Sacs à dos, ils ont choisi de marcher pour rejoindre le noyau urbain de la gare maritime.
Juana Etchegoin, médiatrice à Espelette
Juana Etchegoin, déléguée CFDT et médiatrice à Espelette, samedi matin.
Mathilde Bauthier
La déléguée de la CFDT, Juana Etchegoin, fait partie du groupe qui répond à l’appel des pacificateurs, affilié à la police alternative CFDT Interco. Elle n’a pas hésité à jouer son rôle de médiatrice. “Je suis allé leur dire que tout allait bien se passer. Tout le monde était silencieux.” Hormis la mobilisation des forces de l’ordre et les déviations, la journée lui donnera raison.
Isabelle et Mireille, deux amies pacifistes à Espelette
Isabelle et Mireille, deux amies qui ont rejoint les manifestants à Espelette
Mathilde Bauthier
Isabelle et Mireille, deux amies plus habituées aux concours de cuisine qu’aux contrôles d’identité, ont rejoint les manifestants pacifiques. Contrôles d’identité approfondis, explications, ils repartent quelques minutes plus tard, le groupe déjà loin et les véhicules partis. “C’est important pour moi que tous ces gens, quoi qu’ils aient fait par le passé, soient libérés”, précise Isabelle. À un moment donné, il faut travailler pour la paix. » Mireille ajoute : « C’est franchement impressionnant la façon dont on a été encerclés. Ils ont pris un air sérieux… » Le lieutenant de gendarmerie chargé du reportage lui rappelle sa mission : « Nous sommes ici pour maintenir l’ordre ».
Au milieu des voisins ennuyeux à Viodos
Après les tensions matinales en Soule, l’après-midi a été plus calme et animée par des danses traditionnelles
Clémence Blanche
Babeth habite à quelques mètres du barrage de Viodos-Abense-de-Bas. Mais tout le bruit de ce matin ne la « dérange pas trop ». Ce samedi, profitez de vos vacances en confectionnant un box pour vos plantes. “Je suis aide-soignant, j’aurais eu un certificat à passer si je travaillais.” En déplacement, elle n’est « ni pour ni contre ».
Un peu plus loin, un retraité ne mâche pas ses mots : “C’est une minorité qui fâche tout le monde !” C’est ironique. “Je peux aussi retrouver deux amis et bloquer la route pour rien ?” Discours également prononcé par un couple de personnes âgées qui s’arrêtent dans leur voiture devant le barrage. « Vous dérangez tout le monde ! », s’exclame le passager. “C’est le but madame”, répond un manifestant agacé. Quelques mots et le couple a recommencé à marcher dans la direction opposée. Les tensions s’apaiseront en fin de matinée.
Martine, propriétaire du bar Muga, à Béhobie
Martine, la patronne du bar Muga à Béhobie, n’avait pas beaucoup de clients samedi matin
Édith Anselme
Du côté des commerçants de Béhobie, l’ambiance est morose à midi. “De 8h à 10h du matin nous avons accueilli nos habitués, mais ensuite plus de clients. Je ne sais pas pourquoi on a ouvert ce matin”, soupire Martine, responsable du bar Muga. Corinne, la propriétaire de la Casa de la premsa, tient le même discours.
Le passage des voitures et des piétons n’est pas autorisé ici. Une mère qui venait chercher son pain a été refoulée comme beaucoup d’autres. CRS ne permet aux clients de la pharmacie de filtrer qu’avec une ordonnance et même sous escorte. Une véritable frontalière qui souhaite se rendre à Hendaye en voiture a beaucoup de mal à sortir de chez elle. Il doit faire un long détour pour arriver à destination. Beaucoup s’inquiètent alors des retombées des célébrations de Behobia qui se déroulent ce week-end. La fin de la démonstration les rassurera dans l’après-midi.
Josu Xoperena, un jeune militant de 20 ans originaire d’Hendaye
Juso Txoperena, 20 ans, milite depuis l’âge de 15 ans pour un Pays Basque « libre et indépendant ».
Victoria Lavelle/Sud-Ouest
Il est 18h00 et les maillots bleus électriques continuent de s’ajouter devant la sous-préfecture de Bayonne. Souriant, entouré de sa bande d’amis, Josu Txoperena semble ravi de l’évolution des blocages et des manifestations de la journée du 23 juillet. “L’ambiance était très bonne. Là où j’étais, tout s’est passé dans le calme”, raconte-t-il.