Bordeaux : le CHU condamné après le décès d’un patient

« Le retard en réanimation, qui résultait de la sous-estimation de la gravité de l’état de santé des [la patiente]tant par l’équipe du service de médecine générale et maladies infectieuses de l’hôpital Haut-Lévêque (1) que par le Samu, révèle un défaut d’organisation et de fonctionnement du service public hospitalier, susceptible d’assumer la responsabilité du CHU”. , écrit le tribunal dans son arrêt du 21 juin.

Le tribunal fixe à 50 % la perte des chances de survie, condamne l’hôpital à verser 47 378 euros à la famille et revient sur la chronologie des événements.

Atteinte de la maladie de Still, un syndrome auto-inflammatoire rare, la mère de famille avait été admise aux urgences du CHU le 28 février 2018, après un malaise dans un avion. Elle avait reçu un diagnostic de pneumonie et avait été traitée avec des antibiotiques. Sa santé s’améliorant, il put rentrer chez lui. Le 6 mars, il a de nouveau eu de la fièvre. Le lendemain, elle avait prévenu le service de médecine interne et des maladies infectieuses de Haut-Lévêque, où ils l’ont suivie.

“Elle est morte de ces défauts”

Le 8 mars, un médecin lui avait dit de venir. Il s’y est présenté à 10 heures du matin. Il avait plus de 39 degrés de fièvre, sa tension artérielle était basse, tout comme son rythme cardiaque. Un bilan avait été fait. Mais à 12h30, sa tension artérielle était encore très basse. A cette époque, le service de réanimation de l’hôpital Saint-André, autre entité du CHU, a été sollicité pour être soigné ainsi que le Samu pour assurer le transfert, sur une distance de 3 kilomètres. Mais le Samu n’est arrivé que huit heures plus tard, à 20h30. Admis en réanimation dans un état très grave, le patient est décédé le 10 mars 2018.

“Nous l’avons laissée plus de dix heures dans un couloir, sans faire aucune recherche, sans parler de sa maladie, sans appeler un service de réanimation. Elle est décédée des suites de ces vices », a plaidé Me Degagny, l’avocat de la famille lors de l’audience. En défense, le CHU avait demandé le rejet de la requête, arguant notamment « des nombreuses investigations menées ». Dans un communiqué transmis à l’AFP, le CHU de Bordeaux “accepte la sentence” et n’a pas l’intention de faire appel.

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