Les élus ont remplacé la prime exceptionnelle de rentrée de 100 euros, réservée aux minima sociaux, par une majoration de 150 euros pour les bénéficiaires de la prime d’activité et de l’AAH.
Il s’agit d’un amendement de fond, porté par le groupe LR au Sénat, et qui vise à récompenser “la valeur du travail”. Lors de l’examen du budget rectificatif 2022, approuvé en première lecture ce mercredi, le Sénat a voté un amendement visant à remplacer la prime exceptionnelle de rentrée de 100 euros, réservée aux minima sociaux, par une majoration de 150 euros pour les bénéficiaires de la prime d’activité.
La gauche a vivement réagi à cet amendement du rapporteur de la commission des finances Jean-François Husson (LR). Pour l’orateur, il s’agit de “faire en sorte que les Français qui occupent un emploi, travailleurs pauvres ou modestes, trouvent en début de cursus une aide exceptionnelle de 150 euros par foyer”. “Il faut donner un signal” à ces travailleurs qui “perdent souvent” les avantages sociaux, a-t-il ajouté. Selon Jean-François Husson, ce renforcement de la prime d’activité s’étalerait sur trois mois, jusqu’à 50 euros par mois, et toucherait un peu moins de 4,5 millions de foyers. Cela signifierait aussi une économie de 250 millions d’euros par rapport à l’aide formulée par l’exécutif.
Lire aussi le plan de Carrefour pour retenir les familles les plus modestes
Le ministre délégué aux Comptes publics, Gabriel Attal, s’est prononcé défavorablement sur cette modification qui “contribuerait à retirer le bénéfice des aides à 4 millions de ménages pauvres”. “Profiter de la nuit pour frapper à nouveau les plus pauvres”, a accusé l’écologiste Thomas Dossus, le socialiste Rémi Féraud fustigeant un “amendement très idéologique”. L’amendement a été approuvé par les groupes LR et centristes, à l’exception d’une poignée d’entre eux. “Pour moi c’est non”, a déclaré Elisabeth Doineau, “hostile” à une mesure qui “exclut surtout les femmes célibataires avec enfants”.
Des aides également destinées aux bénéficiaires de l’AAH
Toutefois, l’aide a été maintenue pour les bénéficiaires de l’Aide aux personnes handicapées (AAH), à travers l’approbation de l’amendement 543 bis, présenté par la droite. « La valeur travail doit être valorisée. Cependant, le cas des personnes en situation de handicap, qui ont plus de mal à s’insérer dans le monde du travail, mérite un traitement particulier”, précisent les sénateurs LR, dont Bruno Retailleau, dans l’exposé des motifs.
Lire aussi Agnès Verdier-Molinié : « Explosion de la dette, la France bientôt sous la tutelle de l’Union européenne ?
Même avec l’approbation du Sénat, la nouvelle version du texte devra probablement être examinée par une commission paritaire, et pourrait être amendée à nouveau par les parlementaires.