Une fatigue inhabituelle plus tenace que d’habitude. Llorenç
passer des examens. Le résultat tombe, il souffre d’un cancer bronchique à un stade avancé. L’annonce est “un tremblement de terre”. Commencent alors des mois de traitements “violents et insupportables” pour lui. A 65 ans, Laurent, optimiste, a une puissante envie de vivre. Carême aujourd’hui, ce « miraculeux » comme il se surnomme, regrette d’avoir « fumé pendant plus de trente ans. J’ai été stupide de ne pas entendre les messages d’avertissement ».
Le chef du service de chirurgie thoracique de l’hôpital Saint-Joseph de Marseille, Iliès Bouabdallah, n’est pas surpris. “Les gens qui opèrent ont presque tout le temps le même antécédent. Examens sur suspicion d’autres pathologies ou même depuis deux ans, un Covid.” Dans son cabinet, il regarde une dernière fois les images 3D des poumons du patient qui s’apprête à opérer. “On a découvert un point suspect chez lui par hasard. Dans cette maladie, le pronostic est lié au stade du diagnostic. Si le cancer se localise uniquement au poumon, il y a 90% de survie à 5 ans. En revanche” S’il est déjà métastatique, la survie est catastrophique. Moins de 10 %. Cependant, il est extrêmement rare de découvrir un cancer du poumon à un stade précoce car il n’y a pas de symptômes.
Avec 33 000 décès (1,5 million dans le monde) pour 46 000 nouveaux cas par an en France, le cancer du poumon est l’un des plus fréquents et des plus meurtriers. “C’est presque l’équivalent d’un Covid chaque année”, a-t-il déclaré.
1 000 fumeurs examinés
La détection du cancer du poumon est devenue évidente pour le chirurgien. Aussi, en février dernier, la Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son feu vert à la mise en place d’expérimentations grandeur nature pour détecter ce cancer chez les fumeurs, le Dr Bouabdallah, accompagné d’Arnaud Boyer, onco-pneumologue s’est rapidement positionné pour se lancer. un programme à l’hôpital Saint-Joseph. Cela devrait commencer à l’automne prochain.
“L’enjeu de ce dépistage est d’augmenter de 15% à 60% le nombre de patients potentiellement guérissables. Nous y croyons car d’autres pays comme les Etats-Unis, la Chine ou l’Angleterre le pratiquent déjà avec des résultats prometteurs.”
Financée à hauteur de 200 000 euros par la Ligue contre le cancer et la Fondation de l’Hôpital Saint-Joseph, l’étude s’adresse aux fumeurs âgés de 50 à 80″ ayant fumé plus de 15 paquets/an. Ils pourront bénéficier d’un scanner de faibles doses, c’est-à-dire avec très peu de rayonnement ».
Toutes les personnes (patients hospitalisés, soignants, personnels et ambulatoires) peuvent postuler dans ce dispositif. Afin de déterminer leur admissibilité, des bornes seront installées à l’Hôpital Saint-Joseph. 1 000 patientes seront alors sélectionnées pour participer à ce dépistage individualisé du cancer du poumon, pendant six ans, avec une “prescription scanner” à l’entrée du programme, un an plus tard et tous les deux ans. “On fait une mammographie pour le cancer du sein”. l’objectif principal est de cibler la bonne population à examiner et la fréquence.” Ce suivi sera associé à un programme d’arrêt du tabac proposé aux patients par les prestataires de soins de l’établissement de santé, mais n’est pas obligatoire. “Quand on arrête de fumer avant 50 ans, le risque est divisé par 50%. A partir de 60 ans, la probabilité de déclarer cette maladie est réduite de 15%.”
La Journée mondiale sans tabac est célébrée dans le monde entier le 31 mai de chaque année depuis 1987. Elle met l’accent sur les dangers du tabac pour la santé et sur l’action antitabac menée par l’OMS.
Nom modifié