Canicules et températures élevées – Votre employeur peut-il vous imposer un code vestimentaire ?

Un employeur peut imposer un code vestimentaire, même lorsqu’il fait très chaud, sous certaines conditions. Question de bon sens avant tout.

37°C, 38°C, 39°C… Le thermomètre n’a cessé de monter ces derniers jours en France. Et le pire est encore à venir selon les prévisions de Météo France. Des températures anormalement élevées pour la saison s’étaleront entre le mercredi 15 et le samedi 18 juin.

Shorts, T-shirts, tongs… A cette occasion, certains salariés sont parfois autorisés à porter des vêtements plus légers. Un code vestimentaire qui peut exaspérer les employeurs au point d’interdire ou d’imposer une tenue vestimentaire spécifique à leur employé. Mais ces dictées vestimentaires sont-elles justifiées par la loi ? Eric Rocheblave, avocat spécialisé en droit du travail, nous répond.

Tout est sur mesure

“S’habiller est une liberté individuelle”, rappelle le spécialiste. Mais c’est un principe auquel plusieurs exceptions peuvent s’appliquer. A commencer par la santé et la sécurité. L’employeur peut, par exemple, imposer des chaussures de sécurité si la situation l’exige. Le salarié ne peut pas s’y opposer. Tout est fait sur mesure. Si une entreprise décide d’imposer un code vestimentaire, celui-ci doit être justifié par “la nature de la tâche à accomplir et proportionnée à l’objectif poursuivi”.

“Un employeur ne peut pas vous imposer de porter un pull s’il n’est pas nécessaire à votre travail. Un plagiste qui devrait porter un pull savoyard ne serait pas proportionné à la destination ni légitime pour le travail à effectuer”, rappelle-t-il. Jo Rocheblave.

Justifier la décision

Qu’en est-il des employés travaillant dans des bureaux ? La règle est la même. L’employeur doit être en mesure de justifier l’interdiction de certains vêtements. En revanche, il peut exiger une « tenue vestimentaire appropriée » au travers d’une lettre de déontologie préétablie. Cependant, l’imposition d’un code vestimentaire doit être motivée par un motif légitime. Le patron peut par exemple évoquer le contact avec les clients pour bannir certains vêtements inappropriés.

Il est clair qu'”en principe, les travailleurs sont libres de s’habiller comme ils l’entendent” mais, en tout état de cause, “l’employeur doit expliquer la justification de la limite qu’il met à la liberté de s’habiller”.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *