Ce que vous devez savoir sur la variole du singe

Publié le 26 juillet 2022 à 09:58

Santé : ce qu’il faut savoir sur la variole du singe

Alors que l’OMS a activé samedi son niveau d’alerte le plus élevé pour tenter de contenir l’épidémie de monkeypox, voici ce que l’on sait sur le virus, qui n’a pour l’instant fait aucun mort.

L’OMS relève son niveau d’alerte au plus haut

Depuis samedi, l’OMS a identifié l’épidémie de monkeypox comme une menace majeure pour la santé. Tour d’horizon de la maladie, qui compte aujourd’hui plus de 17 000 cas dans le monde.

les symptômes

Au cours de la première période, de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires aiguës, une fatigue inhabituelle, des ganglions lymphatiques enflés et douloureux dans la mâchoire, le cou ou l’aine peuvent survenir. Dans un second temps, des lésions de la peau et des muqueuses peuvent apparaître sur tout le corps.

Dans l’épidémie actuelle de monkeypox, les zones génitales, anales et orales sont les plus touchées, des lésions apparaissent parfois avant les ganglions lymphatiques, de la fièvre, des malaises et des douleurs associés aux lésions, a déclaré l’OMS il y a deux jours.

D’un patient à l’autre, les symptômes sont cependant variables. Après quelques jours ou semaines, les boutons se transforment en croûtes, qui finissent par tomber et les lésions guérissent. Le patient est contagieux jusqu’à guérison complète.

S’il est administré dans les quatre jours suivant l’exposition, le vaccin peut avoir un effet protecteur important, selon le Centre européen de contrôle des maladies.

AFP

diagnostic

Dans la vague actuelle, dont l’Europe est l’épicentre, la grande majorité des patients jusqu’à présent étaient des hommes relativement jeunes ayant des rapports sexuels avec des hommes, qui vivent principalement dans les villes, selon l’OMS.

Le diagnostic peut être difficile car les cas ne présentent pas forcément les symptômes habituels de la maladie et peuvent ressembler à certaines infections sexuellement transmissibles, ont averti plusieurs autorités sanitaires.

Le médecin effectuant l’examen physique exclura d’autres maladies éruptives telles que la varicelle, le syndrome main-pied-bouche, le zona, la rougeole, les infections cutanées bactériennes, la gale, la syphilis, l’herpès, les réactions cutanées allergiques.

La confirmation du diagnostic de monkeypox peut nécessiter une analyse, notamment au moyen d’un test PCR. Un prélèvement de la peau (biopsie ou écouvillonnage en frottant plusieurs vésicules) et/ou du nasopharynx est préférable si la personne a une éruption cutanée dans la bouche ou la gorge.

En attendant de passer un test et de connaître les résultats, vous devez vous isoler. Une fois l’infection confirmée, l’isolement recommandé est d’environ trois semaines.

On ne sait pas si le virus peut être transmis par le sperme et, si oui, pendant combien de temps. Par mesure de précaution, le Centre européen de contrôle des maladies recommande d’utiliser un préservatif douze semaines après la guérison.

traitements

En général, seul un traitement symptomatique est nécessaire, par exemple pour arrêter la fièvre ou soulager les démangeaisons.

Dans certains cas, les blessures sont si douloureuses, comme le rapportent plusieurs témoins, qu’elles peuvent nécessiter des analgésiques ou même une hospitalisation.

Il est conseillé de ne pas gratter les lésions pour ne pas réinoculer le virus ou laisser de cicatrices, et de les recouvrir pour limiter ces risques.

Chez certaines personnes, la maladie peut se compliquer de surinfection de lésions cutanées ou de troubles respiratoires, digestifs, ophtalmologiques ou neurologiques.

Si nécessaire, certains médicaments antiviraux comme le técovirimate, spécialement conçu contre la variole, peuvent être utilisés.

Les cas graves touchent plus souvent les enfants, les femmes enceintes, les immunodéprimés. Aucun décès n’a été signalé en Europe ou aux États-Unis jusqu’à présent.

vaccins

S’il est administré dans les quatre jours suivant l’exposition, il peut avoir un effet protecteur important, selon le Centre européen de contrôle des maladies. La Commission européenne a approuvé lundi l’extension de l’un de ces vaccins à la variole du singe.

Dans certains pays (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, France), la vaccination préventive peut être proposée aux groupes les plus à risque de contracter le virus, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. A New York, des milliers de personnes ont déjà été vaccinées. En Suisse, contrairement à certains scientifiques, l’OFSP ne voit pas pour l’instant de nécessité immédiate d’adapter la stratégie actuelle de lutte contre le virus, mais se dit “en contact avec des experts et adaptant les mesures aux dernières connaissances scientifiques”.

La vaccination est réalisée avec deux doses, séparées d’au moins 28 jours. Pour les personnes vaccinées contre la variole dans l’enfance, une dose suffit. Pour les immunodéprimés, un tiers est recommandé.

Ces vaccins n’offrent pas une protection immédiate ou complète, les autorités sanitaires exhortent les gens à être prudents après leur injection.

(AFP)

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