Emmanuel Macron a déclaré mardi, en marge d’un déplacement en Isère, “assumer pleinement (r)” son action contestée auprès d’Uber lorsqu’il était ministre de l’Economie, soulignant qu’il avait agi à l’époque “pour créer des milliers d’emplois”. .
“Je suis très fier (…), il est très difficile de créer des emplois sans entreprises ni entrepreneurs”, a ajouté le chef de l’Etat. “Je le referai demain et après-demain”, a-t-il insisté. Avant d’ajouter, citant une phrase célèbre de Jacques Chirac : « L’un m’affecte sans émouvoir l’autre.
Uber, devenu le symbole de la “gig economy” – ou l’économie des emplois précaires issus des plateformes Internet de services aux consommateurs – est plongé dans son passé tumultueux depuis dimanche d’une vaste enquête de journalistes accusant l’entreprise d’avoir “cassé ”. la loi » et usé de méthodes brutales pour s’imposer malgré les réticences des politiciens et des compagnies de taxis.
The Guardian a partagé avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) quelque 124 000 documents, datés de 2013 à 2017, y compris des e-mails et des messages de dirigeants d’Uber à l’époque, ainsi que des présentations, des notes et des factures.
Des amendements clés en main quand Emmanuel Macron était ministre de l’Economie
Dimanche, plusieurs organes de presse (dont le Washington Post, Le Monde et la BBC) ont publié leurs premiers articles sur ces “Uber Files”. Certaines pratiques d’Uber se démarquent durant ces années d’expansion rapide mais aussi d’affrontements, de Paris à Johannesburg.
Le Monde s’est notamment intéressé aux liens entre la société américaine et Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie (2014-2016).
Il pointe certaines pratiques visant à aider Uber à consolider ses positions en France, comme proposer à l’entreprise de soumettre des amendements “clé en main” aux députés.
L’histoire de la plateforme Uber, créée en 2010, a été jalonnée de scandales de harcèlement, de piratage, d’espionnage industriel et de confrontation avec la justice.
Uber dit que cela a changé depuis le limogeage en 2017 de l’ancien chef et co-fondateur Travis Kalanick, qui a créé une culture d’entreprise largement toxique. Le porte-parole de ce dernier a démenti dimanche toutes les allégations parues dans les journaux, y compris l’obstruction à la justice.