Monstrueux en fin de match, les attaquants du Stade Rochelais ont été décisifs pour offrir à leur club un premier titre européen face au Leinster.
Envoyé spécial à Marseille
Un bombardement régulier. Une démonstration de force brute. Pendant les dix dernières minutes de la finale de la Champions Cup, les attaquants rochelais ont littéralement écrasé les Irlandais de Leinster, multipliant les charges, les pick and go, jusqu’à ce que le mur bleu cède et marque pour la moitié de mêlée en remplacement d’Arthur Retière. “Au final, vous avez vu un groupe déterminé qui, pour rien au monde, n’aurait quitté la coupe à Leinster”, a déclaré Grégory Alldritt, numéro 8 de la Maritime et XV de France.
Une tactique qui a longtemps eu ses limites devant la ligne de but irlandaise, avant de finalement trouver la faille et marquer l’essai du dégagement. Et l’entraîneur irlandais Ronan O’Gara a précisé : “On a un coach des attaquants qui aime le jeu direct (sa compatriote Donnacha Ryan, ndlr) et un head coach qui aime quand même marquer des essais. Les attaquants ont décidé de garder le ballon, mais à un moment j’ai dit “allez”, il faut essayer ! Et c’était dur, donc c’est merveilleux pour le groupe.
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Dès le début du match, le pack rochelais annonçait la couleur : un défi physique hors du commun, une confrontation de tous les instants, sans concession. Malgré une indiscipline récurrente et un manque de réalisme offensif, les Maritimes ont jeté le doute sur les joueurs de la province de Dublin. Coincés dans la mêlée, déstabilisés par la présence d’attaquants robustes sur la ligne de front rochelaise, les Irlandais ont balbutié leur rugby normalement précis et pragmatique.
“C’était une grande, grande confrontation. Nous y avions travaillé cette semaine, nous savions qu’avant de regarder Leinster, nous devions nous regarder, que nous étions à notre meilleur individuellement et collectivement. Nous savions que si nous étions irréprochables, on pourrait Grégory Alldritt insiste : “La conquête, la défense, on les a maîtrisées. C’est une victoire à 23 ans avec l’apport du banc. Tout s’est mis en place aujourd’hui.”
Une force physique impressionnante
Le Stade Rochelais sait décidément comment arrêter la machine du Leinster. Dès l’an dernier, les joueurs du président Merling avaient battu les Dubliners de Marcel-Deflandre en demi-finale. Avec la même recette : combat, agressivité et force physique impressionnante. “On avait entendu dire que Leinster était le favori et qu’on était aux commandes de 40. Mais on a montré qu’on savait aussi se défendre”, a déclaré l’attaquant international Pierre Bourgarit. Des mots que j’aurais pu répéter ce samedi.
Les “difficiles” Charente-Maritime ont encore frappé. Au mieux, offrant le cuir chevelu d’un très grand européen. Un statut que peut désormais revendiquer La Rochelle, quatrième club français roi d’Europe (après Toulouse, Brive et Toulon). L’image du petit club qui avait assuré sa montée en Top 14 en 2014 a disparu : « On dit qu’on n’apprend pas de ses erreurs. Nous avons prouvé le contraire », lance Ronan O’Gara, une ancienne idole du Munster qui a appliqué les anciennes méthodes de sa province (sacrée en 2006 et 2008) pour renverser l’ennemi héréditaire du Leinster. Ancienne rivalité.
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