Sarah Meyssonnier via Reuters Renaud Muselier s’exalte devant la “gauche sale et désordonnée”, tandis qu’Éric Ciotti déplore “les robes de plus en plus amples” au Palais Bourbon.
POLITIQUE – Pas d’égalité, pas de vote. Ce jeudi 21 juillet, le député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, a présenté une demande vestimentaire à la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet : imposer le port de la cravate dans l’hémicycle pour lutter contre le « relâchement ». vêtements” de ses confrères, et “notamment de La France Insoumise”.
Dans une lettre dont l’AFP a eu copie, le Questeur LR de l’Assemblée réclame “l’obligation du port de la cravate” dans l’hémicycle pour “empêcher certains députés, notamment de France Insoumise, de se permettre de porter de l’hémicycle, habillé de plus en plus décontracté”. “Cette question est loin d’être anodine”, veut-il croire, qui y voit une “marque de respect pour nos institutions et nos compatriotes”.
Il n’est pas le seul à s’intéresser à la mode. Dans sa quête de respectabilité, Marine Le Pen a mis en garde ses députés dès les premiers jours : “On n’est pas la France rebelle, on ne vient pas en tongs et chemises à fleurs”, avait-elle lancé en début d’année. une référence aux députés polynésiens de la NUPES venus en tenue traditionnelle.
Au-delà du procès, le président de la région Paca Renaud Muselier (ex-LR) s’en est pris à la “gauche négligente, sale, qui crie partout”, selon lui. “C’est un problème de comportement. Vous représentez la République, vous avez un bureau, vous n’êtes pas dans une cour de récréation. (…) Vous sortez du bac à sable et vous faites partie des grands”, a déclaré ce jeudi sur BFMTV l’élu officiel, qui soutient Emmanuel Macron à la présidentielle.
“Mépris” et “tenue d’affaires”, avec ou sans cravate
La réponse à Renaud Muselier n’a pas tardé, les députés évoquant y voir une marque de “mépris”. “En français on ne dit pas ‘crier partout’ mais ‘faire des propositions pour améliorer la vie des Français'”, a réagi sur Twitter le député LFI Manuel Bompard. “Mais rester fidèle à ses convictions est difficilement compréhensible pour quelqu’un qui s’est retourné pour être élu avec les macronistes”, a ajouté le bras droit du chef rebelle, Jean-Luc Mélenchon.
En français, on ne dit pas “crier partout” mais “faire des propositions pour améliorer la vie des Français”. Mais rester fidèle à ses convictions est difficilement compréhensible pour quelqu’un qui s’est fait élire avec les macronistes. https://t.co/A1NwfQldlC
– Manuel Bompard (@mbompard) 21 juillet 2022
Apparemment, j’appartiens à la gauche « bâclée et sale », elle n’aime que les aisés des aisés. https://t.co/y4W52aNBbY
– Aymeric Caron (@CaronAymericoff) 21 juillet 2022
“Lassé de ce mépris et de cette condescendance des élus qui doivent leur élection aux voix de la gauche”, a également réagi Olivier Faure, premier secrétaire du PS, sur Twitter, rappelant que “Muselier n’a gagné que parce qu’on se retire au second” . rond pour éviter une triangulaire qui aurait amené le RN à la présidence de la PACA ».
“On n’a pas été sales quand on a appelé à bloquer l’extrême droite en faisant voter M. Muselier”, remarque aussi le député de Générations Benjamin Lucas, sur Europe 1. “Oui, bien sûr on fait appel à la chambre, mais ( ..) l’histoire de la République est faite de débats houleux, c’est normal, ce sont nos convictions qu’on met en jeu”, poursuit le député écologiste.
Lassé de ce mépris et de cette condescendance des élus qui doivent leur élection aux voix de la gauche. Pour l’anecdote Muselier n’a gagné que parce qu’on a déclaré forfait au second tour pour éviter un triangle qui aurait amené le RN à la présidence PACA. https://t.co/WsX275m57O
— Olivier Faure (@faureolivier) 21 juillet 2022
Et les vêtements ? Jusqu’à présent, l’article 9 de l’Instruction générale de l’Office stipule seulement que l’habillement des députés doit « ressembler à l’habillement du peuple ». La cravate n’est pas nécessaire et en 2017, les députés rebelles en avaient même fait un symbole de leur arrivée à l’Assemblée : “Il y avait des sans-culottes, maintenant il y aura des sans-culottes”, avait lancé Jean-Luc Mélenchon.
S’il ne s’est pas encore exprimé sur la cravate, Yaël Braun-Pivet a déjà répondu à ceux qui se sont offusqués des “chemises à fleurs et tongs”. “Il est totalement respectueux de l’institution et de ses électeurs”, a déclaré le président de l’Assemblée nationale, dans l’émission Dimanche en Politique de France 3 le 3 juillet. “Nous sommes des députés et nous sommes capables de savoir ce qui est digne et ce qui ne l’est pas, ce qui est respectueux et ce qui ne l’est pas, ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.”
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