Shaya Baldassari 7 h 44, 17 juillet 2022, modifié à 10 h 02, 17 juillet 2022
La France célèbre ce week-end les 80 ans du Rafle du Vel d’Hiv. Sous les ordres du régime de Vichy, les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 Juifs de Paris sont arrêtés et parqués au Vélodrome d’Hiver en attendant leur déportation vers des camps de concentration ou d’extermination. Il y a 80 ans, Colette Zeif, alors âgée de 6 ans, s’évadait de cette rédaction. Elle déclare au micro d’Europe 1.
“Ma mère a commencé à appeler la police”
“Je suis en 1936, j’étais une enfant cachée. Ma mère a été déportée le 16 juillet 1942, et si je suis là aujourd’hui c’est grâce à elle et à sa résistance.” Colette Zeif est une rescapée du Rafle du Vel’d’Hiv’. Au micro d’Europe 1, il raconte l’horreur d’il y a 80 ans. “Ma mère a commencé à crier après les policiers qui sont venus chez nous. Elle criait ‘laissez-les, le grand s’occupera du petit’ parce qu’elle avait une sœur qui avait onze ans de plus que moi.”
Chaque année, ces 16 et 17 juillet sont très mouvementés pour l’octogénaire. “C’est extrêmement choquant. Ce mois de juillet 1942, ma mère m’a été retirée. Mon père a été déporté en Limousin en 1943. C’était terrible de se construire sans parents.”
“La seule chose qu’on puisse faire pour les morts, c’est d’en parler”
Aujourd’hui, Colette intervient dans les écoles et poursuit le devoir de mémoire. “Je ne pense pas que la mémoire se perd et surtout il ne faut pas la perdre, c’est pour ça qu’on témoigne. C’est pour ça qu’on se bat. Il y a des professeurs qui font un boulot énorme. J’ai beaucoup de respect et merci. La mémoire c’est quand je vois des élèves à qui ils posent des questions, ils s’intéressent au sujet et je les remercie très, très sincèrement, car l’avenir, c’est eux. Nous, ça y est, c’est fini. »
“La seule chose qu’on puisse faire pour les morts, c’est d’en parler”, conclut ce rescapé du Rafle du Vel’ d’Hiv’. De nombreuses commémorations sont prévues dans toute la France.