Combien a coûté le scandale Kinder à Ferrero ?

C’est “le plus gros rappel de produit de ces vingt dernières années”, reconnaît le directeur général de Ferrero France, qui s’exprime pour la première fois depuis le début du scandale sanitaire, qui lui coûte cher, économiquement et en termes de fabricant Hello Kinder. de notoriété, dans un entretien accordé au Parisien ce jeudi.

Depuis début avril, plus de 3 000 tonnes de produits Kinder ont été retirées du marché en France, où 81 cas de salmonellose ont été détectés, principalement chez des enfants de moins de dix ans. L’impact financier pour le groupe est important. “Ce sera de l’ordre de dizaines de millions d’euros”, a précisé Nicolas Neykov, le directeur général. Rien que pendant la période de Pâques, moment fort pour le constructeur italien, la marque a perdu 40 % de son chiffre d’affaires habituel.

La marque, aimée des plus petits, estime que “60% des consommateurs n’ont plus confiance”, affirme M. Neykov, qui, lancé dans une campagne de reconquête, veut jouer la carte de la transparence. “Selon nos recherches, la contamination serait venue” d’un filtre situé dans une cuve à beurre laitier “de l’usine d’Arlon en Belgique et serait parvenue” soit par des matières premières contaminées, soit par des personnes “, a-t-il précisé.

Une première contamination

L’usine d’Arlon dans les Ardennes belges, d’où proviennent les produits Kinder en question, a fermé début avril. Tous les produits fabriqués sur ce site (Kinder Surprise, Kinder Mini Eggs, Kinder Surprise Maxi 100g et Kinder Schoko-Bons) ont été supprimés. Le groupe, critiqué pour ne pas avoir fermé l’usine le 15 décembre, date à laquelle la salmonelle a été détectée pour la première fois, se défend aujourd’hui. “Le 15 décembre (…) on arrête toutes les chaînes de production, on ferme l’usine, on jette ce qui a été fabriqué”, explique-t-il.

“Tous les tests que nous avons faits dans les jours suivants sont négatifs, ce qui nous permet de rouvrir l’usine”, explique-t-il. “A l’époque, nous sommes absolument certains qu’aucun produit contaminé n’a été mis sur le marché. Que s’est-il passé ensuite ? L’enquête le dira”, a déclaré Nicolas Neykov, alors que la justice belge a ouvert une information judiciaire en avril.

Le PDG explique que « ce n’est que le 2 avril que les autorités britanniques ont établi une correspondance statistique avec la consommation de Kinder surprise », poussant le groupe à retirer ses produits en Grande-Bretagne puis en France dès le lendemain.

Reprendre la production

Le groupe a reçu plus de 150.000 réclamations et 90% de ces réclamations ont été “satisfaites”, précise le directeur général, sous forme de bons de réduction sur n’importe quel produit alimentaire ou de bons d’achat pour la maternelle, qui coûte moins de deux millions. euros pour le groupe.

Désormais, le groupe veut redémarrer la production au plus vite et a appelé à la réouverture de son usine belge à partir du 13 juin. Le groupe, qui a reconnu les failles, annonce que 50% des contrôles sanitaires seront désormais effectués par un laboratoire externe agréé, alors que “pour l’instant” tout repose sur un système d’autocontrôle interne.

Ferrero a également présenté un plan aux autorités sanitaires belges le 4 mai, avec 1 000 employés de l’usine travaillant sept jours sur sept lors de sa réouverture. “10 000 pièces seront démontées et nettoyées une par une”, a-t-il précisé.

Au niveau judiciaire, l’association de défense des consommateurs Foodwatch France a annoncé le 19 mai le dépôt d’une plainte à Paris pour la contamination des chocolats Kinder. Parallèlement, il dépose une autre plainte contre le groupe Nestlé et sa gamme de pizzas Fraîch’Up, contaminées par la bactérie Escherichia coli.

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