Covid : Delfraissy quitte le Conseil scientifique avec deux regrets

POOL New via Reuters Jean-François Delfraissy le 13 mars 2020.

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Jean-François Delfraissy le 13 mars 2020.

CORONAVIRUS – Le Conseil scientifique, créé en mars 2020 au début de la pandémie de Covid-19, cesse ses activités ce dimanche 31 juillet. Son président, le professeur Jean-François Delfraissy, a avoué ce samedi dans un entretien au Parisien qu’il n’aurait jamais cru que la crise du Covid durerait “aussi longtemps” et a partagé son regret.

Son “premier regret”, qui le suivra “tout au long de (sa) vie” est d’avoir transmis en juin 2020, lors du déconfinement dans les résidences, “la santé avant tout, au détriment, peut-être, d'”un chemin d’humanité”. Ces mesures “ont fait naître des syndromes de dérapage, des vieux qui se laissent mourir d’ennui”, poursuit Jean-François Delfraissy.

“Mon deuxième regret, c’est qu’on aurait pu prendre des décisions avec le public”, juge-t-il, précisant auprès du Parisien qu'”on aurait pu, par exemple, interroger les parents sur la réouverture des écoles”.

“Je n’aurais jamais pensé que ça durerait aussi longtemps”

Le médecin regrette aussi que pendant cette crise l’Organisation mondiale de la santé (OMS) “n’ait pas pris le pouvoir sur les vaccins”. “C’est à lui de guider les industriels et non à eux de dire quand ils doivent s’adapter”, estime-t-il, qualifiant ce “manque de vision stratégique et scientifique” de “profonde erreur”.

Quant au “succès”, il se satisfait que la “surmortalité en France en 2020 et 2021” sera “bien inférieure à celle de nos voisins européens”. “Ce qui me rassure, c’est qu’on est revenu au modèle de la recommandation et non plus de l’interdiction”, poursuit-il, estimant par exemple “c’est important de continuer à porter le masque à l’hôpital, mais maintenant c’est ce que les Français doivent choisir”. “.

Ce virus est “une vraie caverne, c’était en 2020, ça continue de l’être en 2022”, assure Jean-François Delfraissy. Evoquant les prémices de la crise du Covid, il affirme avoir pris “prise de conscience” de la gravité de la situation mi-février 2020 lors d’une réunion au siège de l’OMS. “Nous avons posé beaucoup de questions simples aux Chinois… Et ils nous ont toujours répondu de biais !”, se souvient-il, leur ambiguïté lui laissant penser “que la crise a dû être bien plus grave que nous ne le pensions”. “Mais je n’aurais jamais pensé que cela durerait aussi longtemps”, confie le président du Conseil scientifique.

Le Conseil Scientifique remplacé par une commission de veille et d’anticipation

“Je ne me fais pas d’illusions. Nous aurons de nouveaux outils, mais nous serons surpris par un nouveau virus qui aura d’autres propriétés”, estime Jean-François Delfraissy, après avoir évoqué “la fin d’une forme d’urgence”.

Après fin juillet, une commission de veille et de prévision des risques sanitaires, au-delà du Covid, doit prendre le relais du Conseil scientifique. Pour le professeur de médecine, désormais “c’est aux autres de mener cette aventure”. “Je reviens à mes sujets, en tant que président du Comité consultatif national d’éthique, nous devrons prendre une position éthique sur la fin de vie et sur la reconstruction du système de santé en France en ce début d’année”, a-t-il déclaré lors de l’entretien.

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