De nouveau accusé de tentative de viol, le ministre Damien Abad dément

Damien Abad, le 14 juin à l’Elysée. LUDOVIC MARIN / AFP

Le ministre des Solidarités Damien Abad, déjà mis en cause dans des violences sexuelles, est la cible de nouvelles accusations contre une femme qui affirme avoir subi une tentative de viol en 2010, selon son dépêche publié mardi 14 juin par Mediapart.

M. Abad, qui brigue dimanche un nouveau mandat de député dans l’Ain, a dénoncé “le calendrier soigneusement choisi de ces publications” et le “parti pris” de l’enquête de Mediapart, qui a selon lui une motivation “politique”. “Quant aux allégations faites, je suis outré et les réfute catégoriquement”, a-t-il ajouté. Abbé.

« Laëtitia » (nom de l’affaire), « élue centriste », accuse M. Abad d’avoir tenté de la violer lors d’une soirée organisée chez lui à Paris au premier semestre 2010. Sans mentionner explicitement d’allégations, son avocat, Me Raphaële Bialkiewicz, a confié à Mediapart qu’il “collectait et contrastait des éléments, dans le but de donner toutes les suites nécessaires”. “Je ne peux pas me taire aujourd’hui”, a déclaré Laëtitia à Mediapart. “Si je parle, c’est parce que ça s’arrête, donc ça ne peut pas recommencer”, a-t-il ajouté.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’affaire Damien Abad remet Emmanuel Macron sur la défensive

“J’ai eu peur, j’ai été choqué”

Lors des événements qu’elle relate, elle a été présidente du mouvement de jeunesse du Nouveau Centre, dont M. Abbot, député européen, en était le président national. Le soir de l’incident, raconte-t-elle, Damien Abad “lui a offert un verre” au fond duquel elle a vu “quelque chose”: méfiante, elle est allée cracher la boisson dans les toilettes.

Toujours selon son récit, M. Abad l’attendait derrière la porte et tout est allé “très vite”: l’eurodéputée l’aurait “poussée dans une pièce en face” puis aurait tenté de la forcer à avoir une fellation. “Il a eu peur, il m’a surpris. Je me suis battu, je l’ai frappé au ventre”, raconte-t-il.

“Laëtitia” dit avoir enfin pu “se débarrasser” de son agresseur présumé et quitter la pièce grâce à l’intrusion d’un invité. Les faits rapportés par cette femme sont “étayés par les témoignages de huit personnes, à qui elle a fait confiance ou qui ont pu être témoins de certains éléments de son histoire”, et avec qui Mediapart affirme avoir pris contact.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les allégations de viol contre Damien Abad embarrassent la droite

Le gouvernement l’a arrêté

Ces accusations interviennent après celles publiées par le média en ligne le 21 mai, au lendemain de la nomination de M. Abad au poste de ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées : deux femmes, citées par Mediapart, ont accusé le nouveau ministre de viol -dans le années 2010 et 2011.

Selon le parquet de Paris, l’un d’eux – qui a confirmé son récit à l’AFP – a porté plainte à deux reprises, mais ces deux plaintes ont été rejetées en 2012, puis en 2017, d’abord pour “manquement du plaignant”, puis “manque de gravité suffisante”. infraction.”

Quant à l’autre accusatrice, le parquet a annoncé le 25 mai qu’il n’ouvrirait pas d’enquête préliminaire “en l’état” pour les faits qu’il allègue, faute de preuves permettant de l’identifier. En effet, son témoignage a été transmis à la justice de manière anonyme par l’Observatoire sur les violences sexistes et sexuelles en politique.

« Damien Abad est-il digne d’exercer ses fonctions et d’œuvrer pour l’intérêt général ? », a interrogé mardi l’association après les nouvelles révélations de Mediapart, ajoutant qu’« une absence de réaction ne pouvait, en l’état, être interprétée que comme une validation par le gouvernement de ce type de comportements violents envers les femmes ».

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Affaire Damien Abad : les alertes de l’Observatoire sur les violences sexistes et sexuelles

Le monde avec l’AFP

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *