Dossier des législatives 2022 De gauche à droite, les députés réclament la démission du Premier ministre, qui ne peut compter sur la majorité absolue pour gouverner. Une décision sera prise “dans les prochaines heures”, a indiqué le gouvernement. La Nupes compte déposer une motion de censure le 5 juillet.
Un mois et puis il part ? Nommée Premier ministre le 16 mai, Elisabeth Borne pourrait partir plus tôt qu’elle n’est arrivée après le long mystère entourant sa nomination. La tête de Matignon est doublement fragilisée par les résultats du second tour des législatives. D’abord, il a hérité d’un petit groupe à l’Assemblée nationale : la coalition Ensemble compte 245 députés, loin du nombre nécessaire pour avoir la majorité absolue (289). Ensuite, sa victoire dans le Calvados, où il était le grand favori, est loin d’être extravagante. Il devance légèrement le jeune Noah Gauchard (47,54%), candidat de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), et recueille 52,46% des suffrages.
Les groupes d’opposition ont appelé à un référendum lundi. El Nupes indique qu’il présentera une motion de censure à cet égard le 5 juillet, jour du discours de politique générale d’Elisabeth Borne. Mais le plan de la gauche unie est compliqué : si 58 députés suffisent pour présenter une motion, il en faut bien plus (289) pour la voter et évincer le Premier ministre. “Ce qui est certain, c’est qu’Elisabeth Borne est disqualifiée. J’espère que nous pourrons le faire avancer.” La députée Mathilde Panot, récemment réélue dans le Val-de-Marne, a déclaré à RTL. Même son de cloche avec son homologue de Bois del Roine, Manuel Bompard, qui aime RMC et BFM TV être le logique politique.
“Pour elle, ce sera ingouvernable”
A l’extrême droite, Louis Aliot, invité de France Inter, juge Borne “trop faible pour rester”. Le maire de Perpignan et ancien vice-président du Rassemblement national poursuit : “Il y a une élection cruciale du Premier ministre, qui permet une continuité politique et une stabilité qu’elle n’aura pas.”
Au sein du parti Les Républicains, Rachida Dati réclame également la démission de l’ex-socialiste. Dimanche, après avoir annoncé les résultats, il a déclaré à TF1 : “Pour elle, elle sera ingouvernable, le président doit la remplacer au plus vite par un Premier ministre de droite très politique.” Si le chef de file de la LR, Christian Jacob – qui va bientôt quitter son poste – a annoncé que sa famille politique serait dans l’opposition, celle-ci, composée de 74 députés (en comptant l’UDI et les diverses droites) semble être la plus probable. .renforcer la majorité et jouer un rôle clé. Jean-François Copé, maire LR de Meaux, s’est exprimé dimanche soir en précisant qu’un “Le pacte de gouvernement est indispensable entre Macron et LR pour lutter contre la montée des extrêmes.”
En plus, à Horizons, le parti de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, on fait aussi des appels à pied. “Le président doit comprendre qu’il doit mettre la barre à droite”, a insisté Arnaud Robinet à France Inter. Et le maire de Reims de préciser sa pensée : “Il nous est simplement venu à l’esprit que l’élection d’Elisabeth Borne n’était pas convaincante. Je ne serais pas surpris si nous pouvions appeler un membre des Républicains.
Une décision dans les “prochaines heures”
Pour l’heure, les ténors de la République en marche, enfin ceux de gauche après les éliminations de Richard Ferrand, Christophe Castaner ou encore Amélie de Montchalin aux législatives, tentent de défendre Borne. Très doucement. A la question de savoir s’il peut rester à la tête du gouvernement, Stanislas Guerini répond brièvement “bien sur” et RTL. Le ministre de la Transformation et de la Fonction publique, difficilement réélu député à Paris, ne croit pas qu’une motion de censure puisse faire sortir Elisabeth Borne : “Je ne vois pas toute notre opposition voter en faveur de la même motion.”
Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement, vante France Inter, un “Premier ministre qui a eu le courage d’aller aux urnes.” Elle l’assure : pour l’instant “La question [de la démission] n’a pas surgi “. Mais en même temps, cela ajoute un voile sur l’avenir de Borne : « Nous verrons dans les prochaines heures. Borne a été reçu ce lundi à l’Elysée pour le déjeuner par Emmanuel Macron selon les informations de BFMTV. En attendant, l’opposition devrait rester vocale.