Et du coup, après le tir au but gagnant d’Auxerre, la pelouse du stade Geoffroy-Guichard a été complètement envahie. Pour les supporters stéphanois en colère dans un premier temps. Pour les fumées produites par les gaz lacrymogènes utilisés par la police par la suite. Pour disperser au plus vite une foule agressive, les CRS n’ont rien fait pour s’intégrer, s’occupant du plus urgent. Une stratégie de pay-per-view : En quelques minutes, les supporters s’étaient débarrassés tandis que tous les joueurs avaient pu regagner les vestiaires sains et saufs.
Pour ceux qui étaient dans les tribunes, il était urgent de sortir d’un stade où respirer était aussi difficile que d’ouvrir les yeux. Apparemment, le pire a été évité, ce qui n’a pas été gagné tant les feux d’artifice et autres pétards lancés par les supporters depuis le terrain auraient pu sérieusement affecter n’importe qui sur place.
Réfugiés dans les couloirs du stade, les journalistes ont tenté de se réfugier pour envoyer leurs papiers. Plus important encore, ce père qui essayait de ramener son fils dans un endroit sûr hors de ce qui ressemblait alors à un enfer.
Devant la sortie principale du stade, les renforts de police ont tenté de disperser les ultras qui avaient décidé de faire le siège pour s’expliquer auprès des joueurs et des dirigeants de l’ASSE. Alors que la colère était compréhensible, la violence était totalement inacceptable. Selon certains observateurs, une voiture de télévision a été incendiée. Le magasin du club a été complètement pillé.
“Certains pays l’ont désactivé”
L’entraîneur de l’Auxerrois Jean-Marc Furlan n’a pas caché son amertume face à la situation : « J’avais peur parce que je ne savais pas combien de gaz lacrymogène j’avais sur le visage et je pleurais. Les joueurs aussi. () D’une certaine manière, cela n’existe ici que parce que certains pays ont tout désactivé. Il y a eu beaucoup de violence dans nos stades depuis quelques mois sans qu’on puisse l’arrêter. Beaucoup de gens sont totalement transformés quand ils sont à un stade où ils deviennent d’autres hommes, c’est un peu triste. »
Pascal Dupraz déçoit cependant, l’entraîneur stéphanois est satisfait du match jusqu’à présent, mais souhaite tout de même changer de composition.
Dans un communiqué préparé à l’avance, et publié quelques minutes après le coup de sifflet final, les principaux actionnaires Roland Romeyer et Bernard Caïazzo avaient tenté de calmer la colère presque en officialisant leur future marche : « Dans quelques instants, nous annoncerons une nouvelle importante concernant l’avenir du club et le nôtre. Il va tourner une page essentielle de nos vies. Bien sûr, cela ne s’est pas calmé : près d’une heure après la fin du match, il était toujours impossible pour de nombreux supporters de quitter le stade et les forces de l’ordre continuaient de lâcher des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser un public qui semblait de plus en plus agressif.
#ASSEAJA | A l’issue du match de barrage entre l’ASSE et l’AJ Auxerre, et après la séance des tirs au but, quelques centaines d’ultras envahissent le terrain et lancent projectiles, feux d’artifice et fumigènes sur le public et les gradins. pic.twitter.com/To6E2BypYX
— Préfet de la Loire (@ Prefecture42) 29 mai 2022
Michel, venu avec ses petits-enfants, s’est énervé : « Ça dépasse les bornes. Il y avait des insultes, mais maintenant ce n’est plus un sport. Ce n’est pas être supporter. N’emmenez pas vos petits-enfants au stade pour les voir. A côté d’elle, Emma, une dizaine d’années, choquée et en froid, n’est sans doute pas prête à revoir un match de foot. En fin de soirée, la préfecture de la Loire dénombrait 17 blessés légers parmi les supporters, dont 3 hospitalisés, 14 parmi les policiers et 2 parmi les joueurs de l’AJA.