D’Hollywood au champ de bataille, l’œil de l’optique de précision

Ses optiques sont allées sur la lune, servent au cinéma ou servent à détecter un char à des kilomètres et à voir la nuit : dans le centre de la France, une usine implantée à la campagne ambitionne d’être un centre d’excellence mondial de l’optique. précision.

C’est à Saint-Héand, village à 800 mètres d’altitude près de Saint-Etienne, que s’est installé en 1993 le groupe de défense et de technologie Thales, spécialisé dans “l’optronique de combat désassemblée”, c’est-à-dire les technologies qui associent l’optique. et l’électronique utilisée par le soldat d’infanterie.

Plus de 110 000 jumelles de vision nocturne et 16 000 caméras thermiques Sophie, vendues dans 55 pays, sont sorties des salles blanches où les techniciens sont équipés de bonnets blancs et de gants pour les assembler.

Sophie, “à la base, c’est l’observation thermique infrarouge à laquelle nous avons ajouté des fonctions de pointage laser, de zoom et de télémétrie”, ainsi que la localisation, explique Raphaël Gouverneur, responsable de la chaîne de production.

Autant de fonctions auparavant déléguées à différents appareils réunis dans un objet de 2,5 livres, qui contribue à la réduction de l’emballage du soldat.

La dernière génération, dont la production démarre, “permet de reconnaître un char à 6 kilomètres, est deux fois plus longue que la génération précédente”, hors de portée des missiles antichars les plus modernes, explique Pascal Sécretin, directeur des Imageurs. ligne et capteurs chez Thales.

Le calibrage de l’appareil est compliqué, alors “les opérateurs sont obligés d’aller dans un champ au-dessus du village pour se débarrasser de la pollution électromagnétique”, explique le directeur industriel Gérard Frison. Sinon, les ondes électromagnétiques générées par un simple ascenseur pourraient déformer le télémètre.

– Lieu de naissance d’Ingénieux –

Dans l’atelier des jumelles de vision nocturne, les lentilles, le tube intensificateur de lumière et les pièces mécaniques sont assemblés sur des tables de travail équipées de lumières puissantes et de cloches pour extraire les fumées de colles et de produits chimiques.

“Mettez tout dans vos chaussures” sur des jumelles pour les rendre les plus compactes et légères possibles, selon Guillaume Masson, responsable de l’atelier.

Il existe une dizaine de modèles différents pour les enfants, les forces spéciales, les pilotes d’hélicoptères ou les avions de chasse.

“L’intensification de la lumière nous permet de voir une nuit sans lune grâce à la lumière des étoiles, mais au troisième sous-sol d’une cave ça ne marche pas”, explique-t-il.

Pour cela, il existe des caméras thermiques et des viseurs pour lesquels jusqu’à 200 traitements de surface différents sont nécessaires pour les plus complexes.

Selon Thales, le marché de l’optronique du soldat pèse 1 milliard de dollars, sans compter les États-Unis, la Chine et la Russie. A Saint-Héand, il représente 80% de l’activité, le reste est dédié à l’activité historique du site : les lentilles de cinéma Angénieux.

Créés par Pierre Angénieux, natif de Saint-Héand, depuis 1935, ces bijoux de technologie peuvent comporter jusqu’à 25 verres et coûter 100 000 euros. Sa fabrication est une affaire de savoir-faire : les gravures zoom zoom sont réalisées sur mesure pour chaque usage.

Sydney Lumet, Robert Altman, Pier Paolo Pasolini, Jean-Luc Godard… La liste des cinéastes qui ont adopté les objectifs Angénieux pour leurs caméras est longue.

“La Nouvelle Vague existe en partie parce qu’il y a eu les zooms Angénieux”, s’enthousiasme Jean-Yves Le Poulain, ancien chef opérateur devenu conseiller technique de Thales.

L’entreprise a reçu trois Oscars techniques depuis 1964.

La qualité de l’image rendue a également valu à Angénieux d’être sélectionné par la NASA, qui s’est lancée dans de nombreuses missions spatiales, dont Apollo 11, qui a permis de la renvoyer au monde en 1969. images de la première mission vers le lune. .

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