Le saut d’honneur que les Diables ont offert au coup de sifflet final nous en dit long. Ils l’ont soutenu avec l’un ou l’autre “Bonjour”, ils l’ont enrichi de pauses pour communiquer avec ses supporters. Bien sûr, il s’agissait de les réparer pour les faire souffrir lors de la débâcle contre les Pays-Bas. Mais ce n’est pas la seule raison.
Ils ne le diront pas, mais ce fut un grand soulagement pour eux aussi. Après l’humiliation de vendredi, de retour à Tubize, ils se parlaient, se disaient les vérités à entendre, prenaient des décisions importantes. Eden Hazard ajoutera : “On s’est dit des choses importantes, mais il va rester avec nous.”
Une performance encore une fois digne d’une équipe de classe mondiale
Ce que les joueurs se sont dit, on ne le saura peut-être jamais, mais ça s’est vu sur le gazon royal : intensité, pression, solidarité défensive, combinaisons courtes et rapides vers le but polonais, jeu vertical, audace, rapidité, etc. . Et 6 buts !
Et ce n’est pas seulement en seconde période (lorsque les Polonais étaient résignés ou fatigués) que les Belges sont devenus attractifs. Non, la première période était déjà très performante, avant (et après d’ailleurs !) le but de Lewandowski.
Certaines attitudes parlent plus fort et mieux que les discours. Par exemple, en début de partie, quand Kevin De Bruyne (métamorphosé depuis vendredi) fait une accélération et se fait sécher par Grzegorz Krychowiak, 6 à 7 Devils fondent comme un homme à l’arbitre pour le pousser hors de la surface.
Le premier but de Robert Lewandowski est à peine inscrit, les offensives noir-jaune-rouge reprennent avec revanche, une démonstration de confiance et de détermination intactes. “Nous n’avions aucun doute sur l’issue du match”, a déclaré l’entraîneur lors d’une conférence de presse.
Dans le 2-1 (but KDB), parle aussi le geste colérique et triomphant de Roberto Martinez. Il ne le dira pas, mais il souffre (et murmure) depuis la victoire des troupes de Louis Van Gaal.
6 buts, sans Romelu Lukaku, et aucun signé Batshuayi
A 3-1, le jeu reprend, les Polonais ne sont plus là. Et pourtant les N2 mondiales continuent de pousser, de courir, tout en faisant les efforts défensifs parfois nécessaires. Et ils en inscriront 3 de plus, comme pour mieux laver l’affront orange. Alors où est la fatigue d’une saison trop longue ?
Au départ d’Eden Hazard (65e) et de Kevin De Bruyne (74e), l’étreinte soutenue de Martínez, renforcée par les mots à l’oreille, témoigne de l’importance du résultat forgé hier soir, malgré la faiblesse de l’adversaire.
Enfin, le sublime deuxième but de Leandro Trossard et le but tout aussi impressionnant de Leander Dendoncker ont clairement témoigné de la confiance et de l’envie qui habitaient (ou plutôt encourageaient) ce groupe.
Avec une telle performance, on ne saura jamais ce que cette équipe aurait réalisé contre les Pays-Bas il y a 5 jours, mais on attend déjà le match de retour en septembre.