Dino Scala, le “violeur de la Sambre”, condamné à vingt ans de prison

A en juger par cinquante-six viols et agressions sexuelles, Dino Scala, dit le “violeur de la Sambre”, a été condamné, vendredi 1er juillet, à une peine maximale de vingt ans de prison, avec sûreté aux deux tiers, par le tribunal. assises du nord.

Cette peine est conforme à celle requise jeudi par le parquet. Le prévenu de 61 ans était jugé pour dix-sept viols, douze tentatives de viol et vingt-sept agressions ou tentatives d’agressions sexuelles, commis entre 1988 et 2018 près de son domicile, autour de la Sambre, rivière qui traverse la frontière franco-belge. Il n’avait admis que quarante de ces faits, il a été reconnu coupable de cinquante-quatre sur cinquante-six.

“Je présenterai mes excuses aux victimes, Monsieur le Président”, a-t-il lancé d’une voix impassible, aux premières heures de la matinée, ses dernières paroles avant que le tribunal ne se retire pour délibérer.

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“L’impensable banalité du mal”

L’un des deux procureurs généraux, Antoine Berthelot, a pointé, derrière l’image de l’ouvrier bien intégré, marié, père de famille, entraîneur d’un club de football, l'”extrême dangerosité” du prévenu, perspicace dans son parcours. “. l’impensable banalité du mal”.

Les trois semaines de procès n’ont pas permis de percer entièrement le mystère entourant sa personnalité, caractérisée selon un expert psychiatre par “l’abîme qui sépare la face sociale et la face cachée”.

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S’exprimant bien et très éloquent pour évoquer ses propres frustrations, Dino Scala n’a proposé que des extraits d’explications sur sa performance. Le même mode opératoire se retrouve chez la plupart d’entre eux : agressions presque toujours le matin, en hiver, le plus souvent sur la voie publique, victimes agressées par derrière, étranglées à l’avant-bras ou à la corde, traînées sur le côté, souvent menacées au couteau.

La moitié des victimes n’ont pas assisté au procès

Des experts psychiatres et psychologues ont vu, dans ces attentats, une rage de dominer, un plaisir tiré de la terreur des victimes, par un homme peu porté sur le sexe mais plein de frustration, qui exprime la plainte récurrente de ne pas avoir été reconnu pour sa juste valeur dans leur vie conjugale, professionnelle, sportive. Les victimes n’avaient, pour lui, ni âge ni visage, concluent les experts : c’étaient des ombres abstraites.

Interrogé sur le risque qu’il recommencerait s’il sortait de prison, le sexagénaire, qui s’est dit prêt pour la castration chimique, a répondu que c’était “impossible” : “J’ai causé trop de malheur autour de moi. Quand j’ai attaqué ce peuple, je ne me suis pas rendu compte de la gravité des événements. »

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Sur les cinquante-six victimes, âgées de 13 à 48 ans au moment des faits, près de la moitié n’ont pas assisté au procès. Si trois d’entre eux sont morts, beaucoup ont préféré ne pas affronter leur agresseur. Ceux qui se sont succédé à la tête sont apparus profondément marqués. “Cela fait vingt-deux ans que je vis ce viol, c’est de la torture”, a déclaré l’un d’eux.

“La peine est plus courte que la durée de ses actes”

Certains avaient également été maltraités lorsqu’ils avaient porté plainte, voire avaient raconté des menteurs. Pour Fanny Bruyerre, avocate de neuf victimes, “la loi n’est pas à la hauteur : vingt ans, c’est si court” pour cinquante-six “vies détruites”. “La peine maximale encourue est plus courte que la durée de ses actes”, a-t-il noté avant le verdict.

Il y a quelques temps sans succès, l’enquête a finalement provoqué un attentat en 2018 en Belgique, où une caméra CCTV a capté l’image de la voiture de Dino Scala. L’avocate de ce dernier, Margaux Mathieu, a sanctionné, jeudi, une “enquête ratée” et les comparaisons faites à “la passoire épaisse”, entre faits réels et dossiers “qui sont vides”.

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Dino Scala, selon l’expert psychiatre, est projeté dans une vie après la prison, où il travaille avec un professionnel sur la “colère” qui l’habite. Il reçut entre autres la visite des trois enfants de son second mariage, dont il resta très proche.

Le monde avec l’AFP

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