Vue de la barrière frontalière séparant le Maroc et l’enclave nord-africaine espagnole de Melilla, près de la ville marocaine de Nador, le 25 juin 2022. FADEL SENNA / AFP
Vingt-trois migrants sont morts lors d’une tentative d’entrée de près de 2 000 immigrés illégaux d’ascendance africaine, vendredi 24 juin, dans l’enclave espagnole de Melilla, dans le nord du Maroc, selon un bilan actualisé publié samedi soir par les autorités locales au Maroc. .
“Cinq migrants ont été tués, portant le bilan à vingt-trois morts”, a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) une source au sein des autorités de la province de Nador, ajoutant que “dix-huit migrants et un membre des forces de sécurité restent sous surveillance médicale”. ” . Le précédent bilan officiel faisait état de dix-huit morts.
Situées sur la côte nord du Maroc, Melilla et l’autre enclave espagnole de Ceuta sont les seules frontières terrestres de l’UE sur le continent africain et font régulièrement l’objet de tentatives d’entrée de migrants cherchant à rejoindre “l’Europe”.
Tensions entre le Maroc et l’Espagne
Cette tentative d’entrée massive a débuté vers 6h40 lorsqu’un groupe de “près de 2.000 migrants (…) a commencé à s’approcher de Melilla”, selon la préfecture. “Plus de 500” d’entre eux “venant des pays d’Afrique subsaharienne” ont alors forcé l’entrée du poste frontière avec des “ciseaux”, a ajouté la préfecture, selon laquelle 133 ont réussi à rentrer.
Les victimes ont été tuées “dans des embouteillages et des chutes de la barrière de fer” qui sépare l’enclave espagnole du territoire marocain, lors “d’une agression marquée par l’usage de méthodes très violentes par des migrants”, a-t-elle précisé.
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Cette tentative d’entrée massive dans l’une des deux enclaves espagnoles est la première depuis la normalisation des relations entre Madrid et Rabat mi-mars, après une querelle diplomatique qui a duré près d’un an. La crise entre les deux pays a été provoquée par l’accueil en Espagne du chef des séparatistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, en avril 2021, pour y être assisté par le Covid-19.
Elle a culminé avec l’entrée en mai 2021 de plus de 10 000 migrants en 24 heures à Ceuta, grâce à un assouplissement des contrôles côté marocain. Madrid avait alors dénoncé une “agression” de Rabat, qui avait rappelé son ambassadeur en Espagne. Pedro Sánchez a mis fin à cette aliénation en soutenant publiquement le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée à 80% par Rabat mais revendiquée par le Polisario, soutenu par l’Algérie. Début avril, le roi Mohammed VI l’a reçu à Rabat pour sceller cette réconciliation.
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Le monde avec l’AFP