Droits voisins : l’Autorité de la concurrence valide les engagements presse de Google

A Berlin, le 9 juin 2022. TOBIAS SCHWARZ / AFP

Elle clôt un “dossier complexe et mouvementé, avec de nombreux épisodes”, s’est félicité, mardi 21 juin, Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la concurrence. L’institution a rendu sa troisième décision dans une affaire initiée en novembre 2019, lorsque plusieurs syndicats d’éditeurs de presse avaient porté plainte contre Google. L’autorité a accepté les engagements du moteur de recherche : ceux-ci, a-t-il expliqué, créent “un cadre plus stable et équitable” pour la négociation des “droits voisins”, qui récompensent la reprise d’extraits d’articles par les plateformes numériques.

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“Nous voulons que cette décision soit un exemple”, a-t-il déclaré. Navré. La France a été le premier pays à transposer la directive européenne sur le droit d’auteur de 2019 [qui a créé le droit voisin]. C’est aussi le pays au monde où Google fait le plus de concessions. »

L’autorité a validé – après les avoir “renforcés” – les engagements acquis en décembre 2021 par l’entreprise américaine. Ainsi, Google a accepté de négocier séparément le montant des droits voisins, sans les mélanger avec d’autres licences commerciales comme Showcase, un onglet de son moteur de recherche destiné à reprendre, dans quelques mois, les articles en intégralité. L’entreprise discutera avec “tous les gros titres”, soit environ 1 200 médias en ligne, et pas seulement les 300 journaux “d’information généraliste”.

Revenus directs et indirects transmis aux médias

La plateforme doit transmettre au média concerné ses revenus directs (annonces sur les pages de résultats de recherche qui contiennent des liens vers ses articles) et indirects (annonces sur d’autres pages Google alors visitées par l’internaute). Les éditeurs pourront demander des informations complémentaires et un “mandataire indépendant” sera chargé de juger si leur transmission est “nécessaire et techniquement faisable”.

Si les données font l’objet de secrets commerciaux, ces derniers peuvent décider de ne pas les partager avec les médias. L’agent aura accès aux négociations des différents éditeurs, et pourra compter sur des experts. Enfin, Google a accepté qu’en cas d’impasse dans les négociations, un tribunal arbitral international tranche.

“La décision de l’autorité valide les engagements que nous avons écrits avec toutes les parties prenantes et clôt un chapitre ouvert depuis plusieurs années”, s’est félicité Sébastien Missoffe, PDG de Google France, dans un communiqué.

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Le groupe affirme avoir signé ces derniers mois des accords avec 150 titres français (dont Le Monde, Le Figaro, Libération, L’Express, etc.). En mars, il a signé une convention avec l’Alliance de la presse d’information généraliste (APIG), qui regroupe des acteurs nationaux (Les Echos, Le Parisien-Aujourd’hui en France, etc.) et régionaux (La Dépêche du Midi, Ouest – France …), ainsi que la presse hebdomadaire régionale.

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