Elections législatives en France : Emmanuel Macron va apprendre à gouverner à la belge

Je leur dis depuis huit ans que c’est un bon système. Maintenant, ils doivent le découvrir.” Les mots humoristiques ont été tweetés par le comédien belge Alex Vizorek, chroniqueur régulier pour 7/9 matin sur France Inter. Ils font référence au fameux “compromis à la belge” issu de chaque élection législative dans notre pays, et dont les Français ont aimé se moquer jusqu’ici, sans savoir qu’un jour ils y feraient face.

Car l’élection législative française de dimanche, au format à deux tours imaginé par Charles De Gaulle pour faciliter la formation de majorités postélectorales, est historique dans le fait qu’elle n’a quasiment jamais eu lieu qu’une seule fois en 1988 avec le duel entre Mitterrand et Chirac. . le président nouvellement élu n’avait pas la majorité absolue (245 sièges sur 289 sont nécessaires) pour commencer son mandat.

Avec un déficit de 69 sièges par rapport à sa victoire probante en 2017, la majorité macronienne devra pratiquer l’art du compromis. Et composer.

Vers une implosion de l’alliance de gauche ?

Lundi matin, c’était très malin qui était capable de prédire quelles seraient les futures alliances. Mais la décision du Parti socialiste, d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) et du Parti communiste français en début d’après-midi a peut-être conduit à une fameuse épine dans le pied d’Emmanuel Macron. “Il n’a jamais été question d’un groupe unique : il y aura un groupe socialiste à l’Assemblée nationale”a déclaré Pierre Jouvet, porte-parole du PS. “Il ne s’agit pas de se mélanger dans un groupe”Le porte-parole d’EELV Alain Coulombel a réagi.

Formée pour contrer le groupe Ensemble !, la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (Nupes) semble être née morte, bien que la présidente de La France insoumise, Mathilde Panot, ait tenté de parier en offrant une présidence tournante au reste des Nupes. .

Une implosion de Numes serait un avantage pour Macron, qui pourrait être associé à l’un des quatre partis qui composent Nupes, bien qu’une alliance avec la France insoumise de Mélenchon semble compromise en raison de dissensions avec Macron.

Quel parti soutiendra Macron ?

Pour obtenir la majorité absolue, il manque 44 sièges au groupe Ensemble ! Si un cordon sanitaire – le terme n’existe pas comme en France – semble empêcher le rassemblement national de Marine Le Pen – pourtant grande gagnante de cette élection en multipliant par onze le nombre d’élus (89) – il n’y a que deux possibilités pour Emmanuel Macron. La première serait de s’allier aux républicains (61 sièges) pour bénéficier d’une confortable majorité absolue (306 élus). Mais lundi, le président LR Christian Jacob a annoncé que son parti continuerait dans l’opposition.

La seconde serait de s’associer aux soirées Nupes. Une alliance avec la France Insoumise de Mélenchon semble toutefois compromise compte tenu des incompatibilités d’humour entre le principal intervenant et Macron. Auxquels il faudra ajouter plus tard, dans une tripartite inédite, formée avec le PS (24 sièges) et EELV (23 sièges).

Pourquoi Macron ne peut-il pas gouverner seul ?

Cela placerait l’opposition dans un état de majorité absolue. Il pourrait alors bloquer tout projet de loi déposé par la minorité présidentielle. Et rendre le pays ingouvernable. Chaque projet doit être négocié au cas par cas. Cette solution est plausible : le gouvernement Rocard l’avait tentée entre 88 et 91 mais sa majorité relative était plus confortable (275 sièges) et nécessitait donc moins de soutien extérieur. Avec 245 sièges pour Macron, cette solution n’est pas, de facto, la plus crédible.

Vers une démission d’Elisabeth Borne ?

Au lendemain des législatives, l’opposition a revendiqué la tête d’Elisabeth Borne, qui a été nommée Premier ministre par Macron le 16 mai. Choisie dans le fil (52,3%) dans les Cavaldos, elle devrait travailler dans les prochaines heures pour former une alliance. Avant de livrer ?

Qui comme premier ministre ?

Pour fidéliser un groupe à l’Assemblée nationale, Macron a intérêt à lui proposer une offre alléchante. Qu’il s’agisse de postes ministériels de premier plan tels que l’Intérieur, la Justice, l’Éducation nationale ou l’Économie. Ou le poste de Premier ministre. Selon toute vraisemblance, le futur premier ministre sera macronien ou membre du PS, EELV ou LR.

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