Si les prix du pétrole et du gaz augmentent avec la guerre en Ukraine, ceux de l’électricité ne devraient pas être en reste. “Les futurs tarifs de l’électricité pour l’hiver 2022-2023 pour livraison en France sont extrêmement élevés” et ont “presque doublé en quelques semaines”, note la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dans un rapport L’électricité pour livraison au quatrième trimestre 2022 valait plus de 800 euros le mégawattheure (MWh) ces derniers jours alors qu’elle valait encore moins de 500 euros dans la première quinzaine de juin, un niveau déjà très élevé.
Mardi, l’électricité à livrer l’an prochain en France était à un niveau record, à 495 euros le MWh. Cette hausse a suivi celle du gaz, après l’annonce la veille de nouvelles réductions drastiques des livraisons par le gazoduc Nord Stream annoncées par le géant gazier russe Gazprom. Cependant, les prix en France ont plus augmenté que chez ses voisins, notamment l’Allemagne, alors que la France bénéficie d’un meilleur approvisionnement en gaz, dont les prix affectent indirectement les prix de l’électricité.
Le marché français sous surveillance
Ainsi, la CRE constate que les prix à terme en France n’obéissent plus à la logique habituelle. “Ils traduisent des anticipations de pénurie sévère ou de prime de risque élevée sur le marché français de l’électricité, et probablement la combinaison des deux”, observe-t-il.
“Dans ce contexte, outre la prolongation de ses actions de surveillance renforcée du marché, la CRE interrogera formellement les acteurs du marché sur leurs stratégies et leurs attentes pour l’hiver 2022-2023″, conclut-il. La Commission ajoute qu'”elle a renforcé sa surveillance du marché de gros français depuis le second semestre 2021” et “qu’à ce jour elle n’a observé aucun comportement qui pourrait être une manipulation du marché sur les prix futurs de l’électricité”.