Photos des candidats Rodolfo Hernández (à gauche) et Gustavo Petro (à droite), le 9 juin, à Bogotá. RAÜL ARBOLEDA / AFP
Les deux candidats en lice pour le second tour de l’élection présidentielle colombienne, dimanche 19 juin, font une pause. En cas de victoire, l’ancien guérillero Gustavo Petro, 62 ans, qui a été député, sénateur et maire de Bogota, sera le premier président de gauche d’un pays qui n’a jamais connu “l’alternance”. Rodolfo Hernández, l’homme d’affaires millionnaire qui tue les politiciens, est, à 77 ans, un parfait outsider.
Le candidat indépendant était certes le maire de sa ville, Bucaramanga, mais il s’est présenté à la présidence sans parti, sans idéologie et sans vraiment de programme, uniquement accompagné d’un notable conseiller en marketing politique. Les deux candidats profitent de la lassitude des partis traditionnels et du discrédit du gouvernement d’Ivan Duque (droite). Les deux ont attendu le deuxième tour pour attaquer. Celui qui gagnera devra relever le défi de gouverner l’un des pays les plus inégalitaires du continent.
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“Fausses nouvelles”, insultes, menaces, commentaires tronqués et vidéos volées, la première ligne droite de la campagne a été particulièrement tendue. Le magazine de droite Semana a publié des vidéos de l’équipe de campagne de Gustavo Petro. Les propos des collaborateurs du candidat n’étaient pas illégaux, mais ils confirmaient le cynisme de ses stratégies électorales. Rodolfo Hernández a refusé de rencontrer ses adversaires à cause de la foule. En invoquant le droit à l’information des électeurs, un juge de chambre a tenté d’y contraindre le candidat indépendant. Infructueux.
Selon les derniers sondages publiés une semaine avant l’élection, Gustavo Petro et Rodolfo Hernández sont au coude à coude. Observateurs et analystes craignent un résultat très proche. “Les échecs du décompte des législatives de mars ont pesé sur la crédibilité du système électoral”, rappelle l’analyste César Páez. Une demande de décompte des voix serait très difficile à satisfaire. “Rappelant que les résultats du premier tour sont tombés très vite, le président de la République s’est voulu rassurant : “Nous garantissons le respect du verdict du peuple”, a-t-il déclaré. M. Duque, l’Église catholique et les Nations Unies ont calmement appelé les Colombiens à reconnaître les résultats des élections, quels qu’ils soient. Les deux candidats sont formellement fiancés. Signe de tension, les banques et commerces du centre-ville de Bogota ont commencé à murer leurs vitrines pour se protéger d’éventuels casseurs.
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Bloquer le chemin de Petro
Rodolfo Hernandez, qui a créé la surprise en obtenant 28% des voix au premier tour le 29 mai, peut compter, pour le second, ceux du candidat de droite Federico Gutierrez (23%). Toutes les personnalités de droite ont effectivement rejoint le candidat indépendant afin de bloquer le passage à Gustavo Petro. Rodolfo Hernández a officiellement marqué sa ligne “d’accepter toutes les affiliations sans rien négocier”.
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