Une image satellite montre les milliers de partisans de Muqtada al-Sadr autour du bâtiment du Parlement irakien à Bagdad, en Irak, le 30 juillet 2022. MAXAR TECHNOLOGIES VIA AP
L’Irak s’est réveillé ce lundi 1er août avec la sensation de marcher au bord d’un précipice. Les rivalités au sein du camp chiite qui paralysent l’État depuis les législatives d’octobre 2021 ont pris un tour dangereux. Dans la nuit, des renforts de l’armée ont été déployés pour sécuriser la “zone verte”, le quartier de Bagdad qui abrite les institutions. En son sein, des milliers de partisans de Moqtada Al-Sadr occupent depuis samedi le Parlement pour réclamer sa dissolution et la tenue de nouvelles élections. Des centaines d’autres l’ont rejoint dimanche soir, galvanisés par l’appel du leader populiste chiite à élargir la mobilisation et à saisir “l’opportunité d’un changement radical du système politique”.
En réponse, ses rivaux du Cadre de coordination, une alliance formée notamment par des partis de milices proches de l’Iran, devenue la force dirigeante au sein de l’assemblée, ont appelé lundi après-midi à des contre-manifestations à l’extérieur pour protester contre “l’escalade continue” de M. . Sadr, qui ressemble, à ses yeux, à un appel au “coup d’Etat” contre les institutions de l’Etat, bien qu’il réitère son offre de dialogue.
vieilles rancunes
En participant à l’affrontement de rue contre ses adversaires la semaine dernière, Moqtada Al-Sadr a précipité la bataille de dix mois qui les oppose pour la direction du camp chiite. Il avait menacé de le faire depuis qu’il avait fermé la porte du parlement en juin, exaspéré par son incapacité à former un gouvernement majoritaire avec seulement ses alliés sunnites et kurdes. Il avait alors provoqué la démission de soixante-treize de ses députés et laissé le champ libre à ses rivaux pour tenter de former un gouvernement, à condition qu’il satisfasse à leurs exigences d’être à l’abri de toute influence étrangère et de toute corruption.
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Moqtada Al-Sadr a donné suite à ses menaces mercredi après la décision du Cadre de coordination de nommer Mohamed Shia Al-Soudani, un homme politique chiite de 52 ans, au poste de Premier ministre. Pendant plusieurs heures, ses partisans ont occupé le parlement pour s’opposer à cette nomination. M. Sadr a de nouveau surmonté le retrait de ses partisans samedi pour empêcher la tenue d’une session parlementaire visant à lancer le processus de formation du gouvernement. Ses sympathisants ont pillé à Bagdad les bureaux du parti Dawa de l’ancien Premier ministre Nouri Al-Maliki et les locaux du courant Hikma, la formation d’Ammar Al-Hakim, tous deux membres du Cadre de coordination.
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