Lundi, plus de neuf millions de Tunisiens sont appelés à se prononcer sur une nouvelle loi fondamentale, lors d’un référendum qui a de fortes chances d’être approuvé. Avec, dans le vide, une question : serait-ce la fin du printemps arabe, qui a commencé dans le pays il y a onze ans ?
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Publié le 24/07/2022 06:55
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Le printemps arabe n’est plus qu’un vague souvenir pour ce Tunisien qui vit de la récupération des bouteilles en plastique dans la rue et qui votera oui au référendum de lundi. Proposé par Kais Saïed, il permettra au président tunisien de jouir de larges prérogatives sans être tenu pour responsable, marquant une rupture avec le système parlementaire hybride instauré en 2014.
Ce pays de douze millions d’habitants traverse une grave crise politique depuis un an que le président Kaïs Saied s’est octroyé tous les pouvoirs et le dirige par décret. 9,3 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, avec cette question : serait-ce la fin du printemps arabe qui a commencé en Tunisie il y a 11 ans ?
En fait, il est temps de tourner la page. Et l’homme explique que la situation ne fait qu’empirer, qu’il a perdu son emploi de chauffeur et que les partis politiques, depuis dix ans, n’ont rien fait pour améliorer les choses. A tel point que l’ancien dictateur Ali Ben Ali lui manque.
“C’était mieux que maintenant”, soupire-t-il. La faute aux partis politiques et à Ennahdha, le parti religieux de toutes les coalitions. « Blâmer Ennahdha est un faux jugement, se défend l’ancien Premier ministre Ali Larayedh. On comprend ceux qui disent qu’il y a eu des échecs, mais dans la sphère politique, cette décennie est la meilleure !
Le référendum de lundi, le cercueil de la révolution ? Évidemment pour beaucoup, même si certains veulent encore y croire. “C’est la suite de la révolution, s’exclame l’un d’eux. La Révolution n’est pas une marchandise qu’on achète à l’épicerie. La révolution est un processus. Il y a des hauts et des bas ! Non, nous continuons notre combat !” Ce combat a été lancé innocemment par le jeune Mohamed Bouazizi, qui en 2011 a mis le feu à son marché de Sidi Bouzid.
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