Engie écope d’une amende de 80 000 euros pour quelques dixièmes de seconde d’échange

Une information interne aurait permis à un financier du groupe de prendre des positions avantageuses avant que la note ne soit rendue publique.

Le groupe énergétique français Engie a été condamné à une amende de 80.000 euros pour quelques dixièmes de seconde d’échanges le 23 janvier 2017 sur le marché de gros du gaz, a annoncé samedi le Journal officiel. La décision rendue par la Commission de règlement des litiges et des sanctions de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), déposée le 25 février 2020, évoque le non-respect de la réglementation européenne sur la transparence du marché de gros de l’énergie.

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Engie a été accusé d’une sorte de délit d’initié (terme non utilisé par la CRE), du fait notamment de transmissions orales d’informations au sein de l’entreprise, et notamment de ne pas avoir installé à l’époque un mécanisme technique pour figer automatiquement les écrans des membres de ses équipes commerciales lors de la diffusion au sein du groupe opérationnel des informations susceptibles d’influencer le marché. Ainsi, le dossier indique “que le 23 janvier 2017 entre 06:01:08 et 06:01:17, un membre de l’équipe de négociation à court terme a utilisé une information privilégiée”, lit-on dans le texte de la commission publié dans le DO.

Alors que l’annonce de la prolongation de l’arrêt d’une usine de production du groupe (Combigolfe) a été publiée à 06:01:24, il y a eu cinq transactions d’achat enregistrées juste avant, entre 06:01:08 et 06:01:17 , sur le marché infrajournalier à court terme, pour les produits auxquels se réfèrent les informations dites “initiées” jusqu’à ce qu’elles soient publiques. Engie ne remet pas en cause ces opérations, qu’il qualifie d'”erreur humaine” commise “sans aucune intention de méconnaître la réglementation”, et souligne que les opérations réalisées “n’ont eu aucun impact sur le marché”.

Une amende qui aurait pu s’élever à plus de 4 milliards d’euros

“Une sanction économique de 80.000 euros est infligée à la société Engie”, indique le texte, qui sera également publié dans le prochain communiqué financier d’Engie le 29 juillet. Il s’agit de l’amende la plus faible prévue. Il aurait pu atteindre plus de 4 milliards d’euros (8% du chiffre d’affaires hors taxes du groupe). Engie avait notamment invoqué la “brièveté des faits” et l'”absence répétée des infractions”.

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Le comité, pour sa part, a jugé les violations commises “particulièrement graves”. Il souligne que “le caractère d’erreur humaine involontaire, dès lors que le comportement des personnes en cause n’était pas fondé sur une volonté personnelle d’en tirer profit, montre que le système de gestion présenté comme rigoureux n’a pas pu éviter ce type d’erreur”. Et il célèbre le fait qu’Engie ait “pris les mesures palliatives nécessaires”.

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