Dossier des législatives 2022 A la veille du premier tour, l’issue de cette élection est plus qu’incertaine, mais elle devrait faire bouger les lignes, entre une dynamique porteuse d’espoir pour la gauche unie et une fièvre évidente dans le champ présidentiel.
Un président et ses troupes plutôt fébriles. Une gauche rassemblée derrière le Nupes, installé dans le rôle de l’opposant numéro 1 du chef de l’Etat, qui regarde avec des yeux amoureux les urnes qui lui donnent parfois le leadership. Une extrême droite qui s’est décidée et semble marcher sur ce scrutin. Une droite républicaine qui joue sa survie ou presque. C’est à peu près l’image de la veille du premier tour des élections législatives. Des élections qui laisseront ou non la place à Emmanuel Macron pour son deuxième quinquennat. Suspense, suspense.
Malheureusement, la faible participation des Français à cette élection ne fait guère de doute. Les sondages d’opinion annoncent une abstention record. Un vieux retour. Un mal profond. Bien sûr, nous pouvons être rassurés d’entendre les conclusions de la Commission d’enquête de la Chambre des représentants sur le Capitole, affirmant que notre démocratie n’est pas malade à ce stade. Ce n’est pas bon, cependant, pendant longtemps. Il est urgent de réfléchir aux réformes institutionnelles et aux changements de pratiques qui pourraient donner un nouveau souffle à notre vie politique. De ce point de vue, l’élection présidentielle a été une occasion manquée, tout comme les élections législatives, car on peut parler sans trop caricaturer la non-campagne.
Ce besoin de revitaliser la démocratie ne date pas du quinquennat d’Emmanuel Macron. Pourtant, non seulement le chef de l’Etat n’a pas abordé la question – sauf à penser que les grands débats étaient une réponse – mais il a contribué à aggraver le mal en esquivant, voire en rejetant, le débat. Alors que les Français ont fait preuve de responsabilité en estimant à l’approche de l’élection présidentielle que le RN continuait de représenter une menace démocratique, Emmanuel Macron donne sur ce dossier l’impression de préférer le cynisme à la sincérité, esquivant l’ambition réformatrice. Il a tort. La France n’est pas à l’abri des dérives qui opèrent déjà ailleurs.
La série indigeste de divisions de la gauche avant l’élection présidentielle a également contribué à nuire à la politique. Le miracle de l’union en version accélérée pour ces élections législatives répondait à une aspiration de l’électorat de gauche. Mais cette union reste fragile. La force du Nupes dépend en grande partie des votes des 12 et 19 juin. Simple accord électoral au souffle éphémère ou véritable dynamique capable de renverser la vapeur ? Réponse dimanche. Mais à la veille du scrutin, l’espoir de créer la surprise est dans ce domaine, et l’effervescence dans le domaine présidentiel.