Eric Coquerel en passe de présider la commission des finances de l’Assemblée

Sans surprise, c’est un rebelle qui prendra la tête de la prestigieuse commission des finances de l’Assemblée nationale. Lors de son intergroupe de mardi, l’alliance de gauche (Nupes) a choisi le député de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel comme candidat au scrutin de jeudi.

La présidence de cette commission, qui examine tous les projets de budget notamment avant qu’ils n’atteignent la chambre, correspond traditionnellement à l’opposition. La gauche unie qui représente la force la plus importante dans cette nouvelle législature, Eric Coquerel, député depuis cinq ans, fait donc figure de favori. Il opposera la candidate républicaine Véronique Louwagie et le candidat Manifestation nationale Jean-Philippe Tanguy.

Un “piratage”

Alors que les 70 membres de la commission doivent participer au scrutin secret de jeudi matin, le parti de Marine Le Pen ne compte pas se laisser faire et dénonce un “piratage” des noces. Avec 89 députés, le RN estime avoir le premier groupe d’opposition. En effet, ils sont plus nombreux que les 75 élus de La France insoumise, mais moins que les 131 membres de l’alliance de gauche (LFI-PCF-PS-EELV) dans son ensemble.

Estimant qu’une candidature unique au Nupes est “en rupture avec la pratique républicaine”, Jean-Philippe Tanguy a indiqué qu’il espérait convaincre les députés LR de voter pour lui, son candidat n’ayant quasiment aucune chance de l’emporter.

Ce diplômé de l’Essec et de Sciences Po entend jouer sur son profil “sérieux” alors que certains responsables LR s’inquiètent de voir un rebelle à la tête de la commission et ont ainsi accès à des documents couverts par le secret fiscal, qu’ils pourraient utiliser à des fins politiques. . Des soupçons qualifiés de “fake news” par Eric Coquerel.

Déception pour Valérie Rabault

Mais cette élection ne se sera pas faite sans débats au sein des Nupes. Pendant plusieurs jours, les socialistes ont milité pour la candidature de l’élue tarn-et-garonnaise Valérie Rabault. Députée pendant dix ans, elle a présenté un cursus pour le moins convaincant : membre de la commission des finances pendant dix ans, secrétaire de la même commission entre 2017 et 2022 et surtout rapporteur général du budget entre 2014 et 2017. L’ancienne ingénieure est reconnue à le Palais-Bourbon pour sa rigueur et son sérieux, salué au-delà de son groupe politique.

Pour ne pas offenser leurs alliés socialistes, les Nupes ont un temps entrepris d’instaurer une présidence tournante entre Eric Coquerel et Valérie Rabault. Mais l’option a finalement été écartée : « Nous avons considéré que cela allait à l’encontre de notre candidature car cela renforcerait le mauvais jugement dû au manque de sérieux de notre candidat », a déclaré le député Insoumis Manuel Bompard, assurant que « les bilans globaux » de l’alliance” ont été respectées. Valérie Rabault sera ainsi, aux côtés de l’insoumise Caroline Fiat, candidate à la vice-présidence de l’Assemblée.

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