Essai Alfa Romeo Tonale 130 ch : que vaut l’entrée moteur ?

Alfa Romeo fait partie de ces marques dont l’appréciation amoureuse est inversement proportionnelle à sa diffusion. Le label italien peut être présent partout dans le monde, des États-Unis au Japon, l’an dernier moins de 60 000 Giulia et Stelvio ont été vendues dans le monde. Autrement dit, si le Tonale est censé être le messie. Tant pour le réseau que pour les fans de la marque, il nous accompagne sur le segment très prisé des SUV dits “compacts”. Avec ses 4,53 m, l’Italien mesure 8 cm de plus que le Peugeot 3008, même si l’Alfa Romeo Tonale frôle le côtoiement des SUV à logos latéraux (Audi Q3, DS 7, Volvo XC40, etc.). Et il faut bien avouer qu’il a le physique pour le boulot, ce SUV milanais qui profite de son héritage pour séduire. De la calandre triangulaire – le fameux scudetto – au look félin en passant par les jantes “teledial”, l’Alfa Romeo Tonale respire le passé sportif de la marque. C’est ce qui donne envie, notamment parce que la cabine joue la même partition. Les têtes du capot de l’instrumentation suggèrent de vrais compteurs tant qu’on n’échappe pas à un panneau numérique. La console est légèrement tournée vers le conducteur et les sièges, dans notre version Edizione Speciale, arborent le logo de la marque sur les appuis-tête de sa … sellerie en cuir vegan.

Séduisant sur le papier

Pour rassurer les acheteurs, l’Italien tire au sort un carnet d’entretien numérique NFT pour le SUV compact Alfa Romeo Tonale, en théorie inviolable, et surtout, en France, une garantie de 5 ans. Une première pour Alfa, doublée également d’un rapport prix/équipements agressif. L’équipement est déjà généreux dans l’entrée de gamme Super (écran 10 pouces, nombreuses aides à la conduite, Apple Carplay et Android Auto sans fil, etc.) et franchement riche dans le 2e niveau, Sprint (chargeur à induction, régulateur de vitesse adaptatif, navigation européenne, radars de stationnement, etc.). De plus, le Tonale est rassurant par sa qualité de prestation, plutôt honorable, sans détail ni assemblage négligent. Alfa a également fait des efforts en matière d’ergonomie, en conservant une rangée de touches dédiées à la climatisation, une véritable molette pour le son, ainsi qu’un raccourci bienvenu. Ainsi, deux appuis au bout de la potence gauche suffisent pour désactiver le maintien des voies. De son côté, l’écran est réactif, bien défini et assez pratique une fois qu’on a compris l’organisation des menus. Sinon, l’habitacle s’annonce assez spacieux, les larges semelles intérieures ne manquent pas de place installées aux places arrière, et le coffre profite d’un plancher relevable pour annoncer une capacité de 500 dm³.

L’équipement du SUV compact Alfa Romeo Tonale est au goût du jour, mais les derniers équipements sont souvent en option © Alfa Romeo

Un voyage décevant

Cela dit, tout n’est pas parfait. A commencer par la position de conduite, la panne d’un siège qui ne descend pas assez à mon goût et, surtout, d’un siège trop ferme, ce qui ne serait pas étrange de trouver chez un Allemand. Mais c’est surtout la conduite qui déçoit dans cette variante Hybrid 130, la première, avec l’Hybrid 160, qui arrive en concessions à la fin du mois. On touche ici aux limites de la base technique du Tonale, reprise d’un Jeep Compass peu abouti. Malgré les efforts des développeurs, le SUV italien déroute dès les premiers kilomètres pour sa direction trop légère et peu portée sur le mode N (naturel) de l’ADN. Au moins, si les amortisseurs passifs Koni FSD à deux lois, ont du mal, sur routes dégradées à contenir les battements de 20 pouces livrés de série dans cette Edizione Speciale, les mouvements de caisse sont plutôt bien contenus. Il ne suffit pas de faire de l’Alfa Romeo Tonale un SUV sportif, notamment parce que la mécanique pêche à l’usage.

Une hybridation sans ambition

Le SUV Alfa Romeo Tonale bénéficie d’une véritable hybridation, avec un moteur électrique logé dans la boîte de vitesses capable de faire avancer la voiture par ses propres moyens. Mais pour n’offrir que 20 ch et 55 Nm, ce bloc est suffisant pour effectuer des manœuvres de stationnement et rouler à moins de 20 km/h sans réveiller les 1,3 l d’essence. La lenteur de la boîte à double embrayage fournie par Getrag n’arrange rien et cette Alfa Romeo Tonale ne montre pas l’agrément mécanique attendu d’une Alfa. Au moins lors du passage en mode (double moteur), on s’énerve et les rappels suffisent amplement pour avancer en toute confiance.

Reste que l’on attendait mieux de cette variante hybride du SUV italien, qui ne nous a pas impressionné non plus pour sa sobriété, l’ordinateur de bord sanctionnant notre première journée d’essais avec une moyenne de 9 l/100 km/h. Nul doute que la variante diesel prévue pour la fin d’année et équipée d’un 1,6 l de 130 ch ira mieux. La meilleure version de la gamme pourrait toutefois être l’hybride rechargeable prévue pour 2023 : avec ses 275 ch, ses quatre roues motrices et ses 80 km d’autonomie électrique annoncés en ville, cette variante s’annonce prometteuse. A confirmer dans quelques mois.

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