Etat de santé, chances de survie… Que sait-on du béluga vu dans la Seine

L’objectif des équipes mobilisées pour sauver l’animal est d’empêcher le cétacé de poursuivre sa remontée du fleuve et de le conduire vers l’embouchure pour qu’il atteigne son aire de répartition naturelle, dans les eaux froides.

Après l’orque, le béluga. Un nouveau cétacé a été repéré dans la Seine ce mardi matin, après plusieurs signalements. En début de semaine, la préfecture de l’Eure signalait la présence d’un “animal aquatique inhabituel” sur la commune d’Évreux, sans toutefois pouvoir identifier l’espèce.

Un suivi plus rapproché de la zone et l’étude des premières images ont confirmé qu’il s’agirait d’un béluga, ce qui est loin de sa répartition naturelle.

• Une présence « grotesque ».

Le béluga, aussi appelé baleine blanche, est une espèce protégée de cétacé qui vit habituellement dans les eaux froides, à des milliers de kilomètres de nos côtes. On le trouve généralement dans les eaux froides arctiques, subarctiques et dans l’estuaire du Saint-Laurent au Québec.

Le mystère demeure quant aux raisons qui l’ont poussé à rejoindre la Seine et à s’y retrouver seul, d’autant plus que les bélugas voyagent en groupe.

“Avec les spécialistes du climat ou de la faune, on s’étonne car cet animal n’a rien à voir avec ça, surtout seul”, explique Élodie Pouet, membre de Sea Sherperd, à BFMTV.

“Que se passe-t-il ? Quelques semaines après l’orque, c’est complètement aberrant de trouver un béluga ici. Il faut comprendre quel phénomène récent a provoqué ces situations, et s’il faut s’en protéger”, déclare à franceinfo le président de l’Association de défense. les océans Sea Shepherd, Lamya Essemlali.

• Un état de santé “préoccupant”.

Selon un communiqué de la préfecture de l’Eure publié jeudi soir, l’animal “semble présenter des altérations de la peau et est émacié” et se trouve dans un état de santé général “préoccupant”.

Pourtant, Gérard Mauger, vice-président du Groupe d’étude des cétacés du Cotentin (GEEC), décrit un “animal bien tonique, qui passe très peu de temps en surface et fait de longues apnées”, signe que sa capacité pulmonaire “est bonne”. “. ». Un comportement qui complique toutefois la tâche des secouristes.

• Objectif : le nourrir et empêcher la rivière de monter

“L’urgence est de le nourrir pour éviter qu’il subisse le même sort que l’orque retrouvé mort de faim” dans le même fleuve fin mai, explique Lamya Essemlali.

Le but du sauvetage est alors d’empêcher le cétacé de poursuivre sa remontée du fleuve. “Il faut mettre en place un mur du son pour le bloquer”, poursuit Lamya Essemlali.

Même si l’opération réussit et que le béluga atteint l’embouchure du fleuve, Sea Shepherd souhaite alors un échantillon d’ADN prélevé sur le cétacé afin de déterminer sa région d’origine afin de pouvoir le rapatrier.

• Échec d’une première opération de sauvetage

Des moyens importants ont été déployés pour sauver l’animal. Les services de l’Etat, les sapeurs-pompiers, la SNSM, l’Office français de la biodiversité (OFB), le Groupement d’étude des cétacés du Cotentin (GEEC) et le laboratoire Pelagis ont rejoint l’ONG Sea Shepherd.

“L’association Sea Shepherd France a proposé (…) de lancer des tentatives de sauvetage et de nourrissage” et que “le préfet de l’Eure (…) a décidé de soutenir et d’assurer ces actions, dans le respect de l’animal et de ses besoins” . “, détaille la préfecture de l’Eure.

Jeudi, le béluga était localisé près d’une écluse, à environ 70 kilomètres de Paris, dans l’Eure. Une première opération de sauvetage a été menée, pour l’aider à retrouver son chemin, mais elle s’est soldée par un échec, la préfecture a indiqué qu'”il fuit les bateaux et ne se laisse pas guider en direction de l’embouchure de la Seine” .

“La difficulté est de le suivre car il est toujours en mouvement”, explique Patrick Hérot, pompier volontaire de l’Eure au sein de la cellule drone, à BFMTV.

• Quelles sont les chances de survie ?

“L’eau douce n’est pas leur milieu naturel, elle a donc forcément un impact non négligeable sur leur santé”, explique Isabelle Dorliat-Pouzet, secrétaire générale de la préfecture de l’Eure.

“C’est très avancé à l’intérieur, ce qui pourrait laisser penser qu’il est là depuis un moment, ce qui n’est pas bon signe”, poursuit-il.

“L’environnement n’est pas très accueillant pour le béluga, la Seine est très polluée et les cétacés sont extrêmement sensibles au bruit, mais la Seine est très bruyante avec sa navigation très importante”, abonde Lamya Essemlali de Sea Sheperd.

En revanche, l’ONG est plus optimiste qu’avec l’orque retrouvée morte dans la Seine en juin dernier, “compte tenu qu’elle a une plus grande résistance et qu’il y a une réelle volonté de la sauver de la part de plusieurs acteurs”, a-t-elle ajouté. a dit. Lamya Essemlali.

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