Face à la crise hospitalière, les étudiants infirmiers souffrent

Une infirmière soigne un patient atteint du Covid-19 dans le service de réanimation de l’hôpital Cochin à Paris en mars 2021. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Avant même d’avoir obtenu leur diplôme, les étudiants infirmiers ayant terminé leur formation pourront renforcer leur équipement hospitalier dès cet été. C’est ce qu’a annoncé le 8 juin la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, entre autres mesures, pour répondre à la crise qui secoue l’hôpital depuis quelques mois, notamment en raison du manque de personnel aux urgences. Une annonce à laquelle la Fédération nationale des étudiants infirmiers (Fnesi) a immédiatement réagi : « Madame la ministre, les étudiants infirmiers doivent être protégés et encadrés, et non envoyés à tout prix. »

‼️ Madame la Ministre, les élèves de @BrigBourguignon (et pas les élèves infirmiers !) devraient être pro… https://t.co/ZqBv5fUOyB

– La_FNESI (@FNESI)

La raison de cette réaction ? Le malaise grandissant des étudiants infirmiers, rapporte une enquête alarmante, publiée par la Fnesi en mai. Menée auprès de 15 000 étudiants, elle révèle une détérioration générale de leur santé mentale et physique depuis la précédente étude, menée cinq ans plus tôt. Ainsi, 61 % d’entre eux déclarent que leur santé mentale s’est détériorée depuis le début de leur formation (contre 52 % en 2017). Un étudiant sur six aurait « déjà pensé au suicide pendant ses études ». Résultat : 23% des répondants déclarent avoir déjà consulté un professionnel de la santé mentale (contre 14% en 2017).

La détérioration de leur santé mentale se remarque également dans la proportion d’étudiants qui utilisent des anxiolytiques, des antidépresseurs et des hypnotiques (34 % d’entre eux, contre 27 % en 2017), mais aussi des somnifères (28 %, contre 8 % en 2017) . Sur le plan de la santé physique, plus d’un étudiant sur deux s’est senti “souvent” ou “toujours” fatigué depuis le début de sa formation, et plus de 63% ont vu diminuer leur activité physique.

“Les superviseurs ont échoué”

“Nous sommes conscients que la crise sanitaire a un impact sur ces résultats”, a déclaré Mathilde Padilla, présidente de la Fnesi. Mais pour les étudiants en soins infirmiers, cela a exacerbé les tendances de longue date. Dans cette étude, comme dans les précédentes, le thème de l’encadrement pendant le stage (qui représente la moitié du temps de formation) est important. De plus, plus d’un élève sur quatre estime avoir été victime de discrimination, un sur trois de harcèlement et un sur six d’agression sexuelle. “Après avoir été harcelé pendant mon stage, je suis devenu dépressif. Quand j’ai parlé rapidement avec ma coach référente, elle m’a dit que si je n’avais pas mes épaules, il fallait que j’arrête », confie un élève au sondage.

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