Publié: 31/05/2022 – 16:30
La Russie perdra son principal acheteur de pétrole depuis des années à la fin de l’année. L’Union européenne a décidé de réduire de 90 % les achats de produits bruts et raffinés à Moscou en réponse à l’invasion en cours de l’Ukraine. Cet embargo coûtera inévitablement à la Russie, même si depuis des mois le pays parvient à rediriger ses volumes vers des acheteurs alternatifs pour tenter de compenser le choc.
Avant même cette décision du 27, de nombreux acheteurs européens avaient déjà rejeté le pétrole russe, mais la Russie n’a pas attendu la décision sur l’embargo européen pour essayer de trouver des acheteurs ailleurs. Hors Union Européenne, son premier client est la Chine. L’année dernière, il a acheté 1,6 million de barils par jour à la fois par des canalisations passant par sa frontière commune et par des camions-citernes.
Depuis le début de l’invasion russe, les raffineries indépendantes n’ont pas tardé à vendre des barils 30 % moins chers que le marché russe. Les entreprises d’État chinoises se sont montrées plus prudentes, l’activité économique continuant de fonctionner au ralenti.
En Inde, les importations en provenance de Russie sont en hausse
Les routes maritimes pétrolières de la Russie mènent à l’Inde, qui n’impose pas non plus de sanctions. Le géant, qui consomme 5 millions de barils par jour, a vu les importations en provenance de Russie exploser depuis le début de la guerre.
Avec une décote de 35 dollars sur le Brent, le brut russe n’aurait aucun mal à trouver preneur. L’Agence internationale de l’énergie prévoit que les routes mondiales du pétrole seront remodelées par la crise actuelle, mais rien n’indique que cela se produira à court terme. L’infrastructure russe n’est pas encore prête à se débarrasser des clients européens dont Moscou dépend tant depuis des décennies.
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