Ça chauffe encore entre la mairie de Paris et la préfecture de police. Bien qu’à de nombreuses reprises, Anne Hidalgo (PS) ait vu Didier Lallement freiner des projets municipaux comme l’urbanisation de la tour Eiffel ou la zone à circulation limitée dans le centre de Paris, c’est aujourd’hui dans un dossier sécuritaire que les deux personnalités s’affrontent. En cause : le dispositif d’encadrement et de fixation prévu pour ce jeudi soir de feu d’artifice. Dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, la maire de Paris dénonce le “détachement sans précédent et sans concession” de la préfecture de police du périmètre du Champ de Mars.
Selon la Mairie de Paris, les forces de police habituellement déployées en amont des grilles d’entrée de l’aire d’accueil des spectateurs du feu d’artifice ont été retirées du dispositif annoncé très tardivement par les services de l’Etat, seulement mardi au soir. “Bien que le conseil municipal ait renforcé ses moyens à un niveau sans précédent”, insiste l’électorat dans sa lettre.
De manière inédite, @prefpolice a décidé de dissocier la police nationale du périmètre de sécurité du Camp de Mart pour le feu d’artifice du #14juillet.
On ne joue pas avec la sécurité des Français et des touristes par péché d’orgueil. Nous interpellons le ministre de l’Intérieur. pic.twitter.com/11PbGHKa3B
— Emmanuel Grégoire (@egregoire) 13 juillet 2022
Evidemment, seuls des agents de sociétés de sécurité privées placés aux entrées et assistés de policiers municipaux assureront le bon déroulement des opérations sur place. Une “première”, dit-on dans les couloirs de la mairie. 70 000 personnes sont attendues sur place pour assister au concert. “Didier Lallement a pris une décision qui nous semble irresponsable”, a déclaré Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo.
“Encore une fois, le préfet de police joue avec la sécurité des Parisiens et des visiteurs de la capitale, fragilisant au dernier moment un dispositif policier mixte Ville-préfecture pourtant robuste et éprouvé”, estime Anne Hidalgo. Dans sa lettre, l’élue ne manque pas de rappeler que le château pyrotechnique acquiert cette année une dimension particulière.
La finale de la Ligue des champions en tête
Ce sera “le symbole de la capacité de notre pays à réaliser un événement festif d’envergure au cœur de la capitale, plus d’un mois et demi après la finale de la Ligue des champions et deux ans avant la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques”, rappelle le maire de Paris alors que la commission du Sénat rendait public ce mercredi son rapport sur les nombreux incidents survenus aux abords du Stade de France lors du match Liverpool-Real Madrid.Didier Lallement lui-même avait reconnu une défaillance dans la gestion de cet événement.
La préfecture de police a fini par répondre au conseil municipal ce mercredi soir. Niant tout désengagement, il dit avoir l’intention d'”assumer pleinement” ses missions anti-terroristes et anti-criminalité, “avec 1.500 policiers et gendarmes mobilisés”. Et avec 500 ouvriers dédiés, selon ses chiffres, à la lutte contre la criminalité, il affirme même n’avoir “jamais déployé autant de personnel dans cette mission”. « Il appartient à la ville de Paris, organisatrice de l’événement, d’assurer la gestion des accès pour les spectateurs qui souhaitent assister au feu d’artifice. »
Emmanuel Grégoire est serein avec la célébration du feu d’artifice. “J’espère que ce problème sera résolu demain soir.” « Un clash qui pourrait être le dernier entre Anne Hidalgo et Didier Lallement. Le départ du préfet de police serait prévu la semaine prochaine, le 20 juillet, bien qu’il refuse de confirmer l’information.