Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a fermement confirmé ce mercredi sur BFM-TV et RMC que les Français ne paieront plus d’impôts en raison de l’inflation :
Il ne fait aucun doute que les employés paient plus d’impôts sur le revenu ou tombent sur le barème de l’impôt sur le revenu en raison de l’inflation.
Bruno Le Maire, mercredi
La simple application de la règle
“Nous allons indexer le barème de l’impôt sur le revenu à l’inflation pour l’éviter [que] les gens (…) basculent vers l’impôt sur le revenu ou une pièce supplémentaire” en raison d’une augmentation de salaire, a insisté Bruno Le Maire.
Une décision apparemment ferme qui n’en est pas vraiment une : l’indexation du barème sur l’inflation est la règle. Et ce depuis 1969, à l’exception de 2012 et 2013, années marquées par une faible inflation.
Ainsi, aucun Français dont l’employeur aurait augmenté son salaire pour compenser l’inflation ne paiera plus d’impôts simplement pour cette revalorisation, selon le ministre de l’Economie.
Gagnants …
Avec une inflation supérieure à 5 % en douze mois, la désindexation aurait pu coûter cher aux contribuables : un célibataire sans enfant gagnant 26 065 € en 2021 devra payer 1 325 € d’impôt sur le revenu des personnes physiques en 2022. Sans indexation mais avec une majoration en 5 % de salaire, toucherait 27 368 € en 2022 et paierait 1 512 € d’impôts en 2023, selon le simulateur de Bercy. Soit un salaire qui couvre l’inflation, mais une “perte” de 187 euros sur le plan fiscal, d’autant plus élevée que ce contribuable atteindrait la troisième tranche marginale de l’impôt…
C’est pire en bas de l’échelle des salaires imposables : sans indexation, un travailleur gagnant 18 000 € en 2021 et 18 900 € (+ 5 %) en 2022 verrait son impôt s’envoler de 80 %, passant de 164 € à 294 €. Dans les deux cas, l’indexation contribue au maintien du pouvoir d’achat.
Et ceux qui n’augmentent pas, ou pas assez ? Ceux-ci pourront se consoler – un peu – avec un impôt moins élevé : l’impôt à payer pour les mêmes revenus de 18 225 € en 2021 et en 2022 passera de 880 € à 823 € (-7%). Ce n’est pas suffisant pour compenser l’inflation, mais au moins sans double danger. Il en va de même pour ceux qui voient leurs revenus diminuer : leurs impôts baisseront davantage avec l’indexation que sans.
Enfin, les plus chanceux qui bénéficieront d’une hausse des salaires supérieure à l’inflation auront deux fois plus de succès, avec une hausse du pouvoir d’achat et une hausse d’impôts plus limitée qu’en cas de désindexation. En 2022, ils ne sont pas si rares, notamment dans les secteurs qui peinent à se contracter (industrie, hôtellerie, transports, santé, etc.).
… et un seul (gros) perdant
Un plan gagnant-gagnant ? Dans la quasi-totalité des cas, l’indexation à l’inflation permettra aux salariés et aux contribuables d’amortir, au pire, les effets de l’inflation et, au mieux, de les compenser. Ceci est d’autant plus important que de nombreux droits et avantages sociaux sont calculés sur la base du revenu imposable de référence.
Le tout à condition que l’État joue le jeu et applique, comme il semble le promettre, le taux d’inflation réel au futur barème de l’IRPP de 2022.
L’État, justement, sera le grand perdant du système : avec le pire niveau d’inflation depuis 40 ans, l’administration doit dépenser plus pour en corriger les effets et se préparer à gagner moins au niveau fiscal. Les enjeux financiers, après deux ans d’une pandémie coûtant au moins de l’argent public, sont énormes. Mais nul doute, affirme Bruno Le Maire, de revenir sur sa volonté de baisser les impôts : en pleine campagne législative, il en profite pour rappeler que depuis 2017 les impôts ont baissé de 52 milliards d’euros (26 pour les ménages). , tant pour les entreprises). Mais “au même moment” les dépenses publiques ont explosé…