Elle avait les yeux mouillés, jeudi soir, à la sortie de la projection de proche au Grand Théâtre Lumière du Palais des Festivals de Cannes. Comme le japonais Hirokazu Kore-eda un peu plus tôt dans la soirée avec le très beau Homme qui court, Lukas Dhont a déménagé avec un drame pour enfants. Et quatre ans après avoir remporté la Caméra d’or pour fillele jeune cinéaste flamenco était l’un des favoris de la Palme d’Or.
Comme un fille En 2018, Dhont se concentre sur son deuxième long métrage sur un jeune garçon, Léo (Igor van Dessel), un fils d’horticulteurs qui n’est jamais le dernier à prêter main forte à sa mère (Léa Drucker) dans les champs. A 13 ans, le garçon est inséparable de son ami Rémi (Eden Dambrine). Ils passent l’été à jouer ensemble, à dormir chez l’autre et à avoir des rêves plein la tête. Mais une fois que je retourne à l’école, les choses se compliquent. Les allusions fusent parmi ses pairs. On leur demande s’ils ont une relation, si Léo est de mauvaise humeur parce qu’il a ses règles… Petit à petit, il s’éloigne de Rémi, préférant aller au hockey avec un autre ami, au lieu de passer du temps avec ses meilleurs ami. Qui vit très mal cette aliénation progressive, sans que sa mère (Émilie Dequenne) ne comprenne ce qui arrive à son fils…
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La distance des corps
Toujours co-écrit avec Angelo Tijssens, proche s’adapte parfaitement à fille. Comme dans son film précédent, Lukas Dhont ne lâche pas ses personnages, qu’il filme au plus près, pour capter les émotions, la confusion qui se lisent sur les visages, dans les gestes. Surtout dans ces scènes de hockey, qui répondent à celles de la danse fille. Cette amitié amoureuse entre deux garçons se désagrège jusqu’au drame. proche il le met en scène de manière subtile et très visuelle. Au début, les corps des deux garçons se touchent, ils sont toujours proches dans le cadre. Mais, petit à petit, avec leurs vélos pour aller à l’école, Léo et Rémi s’éloignent…
Si l’on trouve, comme dans fille, la question de l’identité intime, Lukas Dhont met ici en scène de jeunes garçons à la veille de l’adolescence, alors que la question de la sexualité ne se pose pas encore, bien que l’attirance soit déjà présente. Deux adolescents dont l’innocence sera brisée par le drame. Le film s’oriente alors vers une exploration profonde de la douleur de ses personnages, avec une grande pudeur, une vraie grâce.
Mettant ses actrices au second plan – même si dans quelques scènes, Émilie Dequenne offre une performance émouvante – Lukas Dhont laisse tous les champs à ses jeunes comédiens. Et après avoir révélé Victor Polster fille, redécouvre ici une perle rare en la personne d’Igor van Dessel, un jeune acteur peu mûr pour affronter un rôle aussi complexe et douloureux. Et le visage de qui continuera d’être l’une des images de ce 75ème Festival de Cannes…
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proche Drame De Lucas Dhont Scénario Lukas Dhont et Angelo Tijssens La photographie Franck van den Eeden Musique Valentin Hadjadj Montage par Alain Dessauvage Avec Igor van Dessel, Eden Dambrine, Léa Drucker, Émilie Dequenne, Kevin Janssens… Durée 13h45
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