Sommes-nous sur la bonne voie pour une transition juste et équitable ? Comment entrer dans une société plus durable tout en préservant le pouvoir d’achat ? Est-ce seulement possible ? L’invité de Maxime Binet sur DH Radio ce matin, François Gemenne, tente de répondre à ces questions.
“Nous sommes très clairement sur la bonne voie pour une transition climatique durable et équitable. Les indicateurs pour la Belgique ne sont pas du tout favorables en ce moment. Il y a donc une réelle urgence à redresser la situation, d’autant plus que la Belgique ne fait pas partie des les bons élèves de la classe européenne. Nous sommes souvent rappelés à l’ordre au regard des engagements que nous avons pris, notamment l’Accord de Paris.”
Où est le plus gros problème dans la politique climatique belge ? « Dans les transports. C’est très clairement le secteur en Belgique qui parvient à se décarboner le moins vite. C’est là qu’il est plus difficile d’atteindre les objectifs. Il y a un coupable et un responsable à désigner : les voitures de société. être supprimés et cet avantage salarial devrait être restitué aux salariés. Le problème de ces voitures est qu’elles servent évidemment à se déplacer entre le domicile et le travail Mais comme l’essence est payée par l’employeur, “Il n’y a aucune raison pour qu’elles ne soient pas utilisées pour les loisirs ou toute autre fin. Les transports en commun seront toujours plus chers qu’une voiture gratuite payée par l’employeur.”
En termes d’infrastructures, notamment dans le sud du pays, peu de Wallons ont accès à une gare. “On est d’accord, l’offre de trains est très clairement insuffisante. On a dit aux gens ‘Allez vous installer sur le terrain, ça va aller’ sauf qu’il n’y a pas de train. C’est aussi un problème pour la périphérie bruxelloise avec ces Les RER, des travaux qui prennent encore plus de temps que l’échafaudage du Palais de Justice de Bruxelles. Dans le pays, nous devrions être encouragés à avoir les réseaux de transport les plus performants d’Europe. »
Plusieurs experts prépareront un rapport pour le printemps 2023, afin de lancer une sorte de conférence nationale sur le climat. Le fait qu’Ecolo soit au pouvoir en Belgique aura-t-il un impact ?« Les écologistes ont une grande responsabilité. Ils ne peuvent plus dire aujourd’hui qu’ils n’ont pas de leviers de pouvoir. Ils ont tous les ministères clés. Ils ont les transports, la mobilité, l’énergie, le climat et la biodiversité. sont presque “Toutes les compétences nécessaires pour remettre la Belgique sur les rails en matière d’action climatique et de biodiversité. Ce sera un grand échec collectif.”
Quelles conclusions pouvons-nous tirer jusqu’à présent ? “En ce moment, il y a beaucoup de stagnation. Non seulement c’est la faute des écologistes, mais le contexte de la pandémie et de la guerre n’arrange rien. Mais il y a une grande responsabilité et il y a aussi une façon de travailler avec la N-VA. Par exemple, en Flandre, la rénovation thermique des habitations sera obligatoire. C’est un pas qu’on hésite encore à franchir en Wallonie, mais il faut le faire ».
D’ici 2030, nous devons réduire nos émissions de CO2 jusqu’à 40 %. Comment faire? “La seule année où nous nous sommes retrouvés sur cette voie était 2020. L’année de la pandémie, du confinement et de l’économie stagnante. Nous nous sommes retrouvés sur cette voie non pas parce que” nous l’avons choisi avec des politiques climatiques ambitieuses, mais parce que nous étions pour y arriver , il s’agit d’un virage à 90° et, en Belgique, d’un arrêt immédiat pour les voitures de société surtout. »