Grève Ryanair : le chaos continue dans nos aéroports, 30 000 passagers touchés, pas tous prévenus

Ce vendredi, le mouvement de grève annoncé sur Ryanair touchera les aéroports de Charleroi et de Bruxelles. Cela combiné à une grève des pilotes et du personnel navigant de Brussels Airlines, et les prochaines heures s’annoncent chaotiques pour les passagers, alors que l’aéroport de Bruxelles se remettait à peine de la grève de lundi, qui avait bouleversé le calendrier de la semaine.

Sur le plan pratique, Brussels Airlines a annoncé cette semaine – la grève a déjà commencé ce jeudi – l’annulation de ” environ 40 % du programme de vol initial. Les annulations représentent environ 315 vols, dont 38 vols long-courriers, et concernent environ 40 000 passagers. “Brussels Airlines détaillé dans un communiqué de presse.” Les passagers concernés ont été informés et une alternative a été proposée. S’ils préfèrent ne pas voyager, un remboursement complet peut leur être proposé “, explique également Maaike Andries, porte-parole de l’entreprise.

Communication relativement claire et rapide compte tenu des circonstances, et on ne peut pas en dire autant de Ryanair. ” Au lieu d’avertir ses clients, Ryanair a commencé à supprimer des vols de son horaire. En fait, tous les vols du vendredi et du samedi sont annulés et il n’y a aucun moyen de réserver toute une série de vols sur leur site Web. explique Didier Lebbe, secrétaire permanent du CNE. À mon avis, ils annuleront également la plupart des vols du dimanche, mais ce n’est pas clair. Certains clients reçoivent des avis d’annulation, mais les vols sont toujours retenus dans les aéroports. On parle d’environ 30 000 personnes potentiellement touchées. Le problème, c’est que ceux qui ont un vol annulé ce vendredi ne sont prévenus qu’à partir de mercredi, et que beaucoup de personnes qui partent le dimanche n’ont toujours pas de nouvelles de la compagnie… Ils font la même chose qu’avant.

Envie de résilier : quelles solutions ?

Une situation qui ne permet pas à de nombreux voyageurs de s’organiser pour trouver une alternative, alors que ceux conseillés se voient proposer un remboursement ou un remplacement sans frais sur un autre vol. Un e-mail d’excuse contenant également la phrase suivante : ” votre vol a été annulé en raison d’une grève inutile d’un syndicat belge “.

Et pour dédommagement supplémentaire, cela restera un parcours du combattant pour les passagers. Je vous rappelle que certains sont encore en cour pour les grèves de 2018 ! C’est typique de Ryanair, on passe par le tribunal et pas une négociation “, poursuit Didier Lebbe.

Cela devrait annoncer une bonne ambiance lors des prochaines réunions syndicales et patronales. Pour rappel, ces mouvements de grève, tant chez Ryanair que chez Brussels Airlines, étaient annoncés depuis plusieurs semaines. Pilotes, hôtesses et stewards protestent notamment contre les nouvelles conditions de travail imposées depuis la crise sanitaire : plus de vols, moins de repos et, dans le cas de Ryanair, une baisse de 20 % des salaires depuis le début de la crise sanitaire. qui est maintenu au fur et à mesure de la reprise de l’activité.

Toujours chez Ryanair, la Belgique n’est pas le seul pays concerné, puisqu’il s’agit d’une action européenne coordonnée entre les syndicats européens. Ainsi, les mouvements ont eu (ou auront lieu) en Espagne (24 juin au 2 juillet), au Portugal (24 au 26 juin), en France (25 et 26 juin) et en Italie (25 juin). De quoi annoncer un gros gâchis pour les voyageurs qui doivent rentrer en Belgique dans les prochains jours. ” C’est un mouvement de grève emblématique pour toute l’Europe et toutes les entreprises argumente Didier Lebbe. Si nous vivons ces conditions de travail, c’est parce que Ryanair est tout-puissant et que d’autres copient pour se moderniser et continuer à exister. Cette grève doit donc toucher tout le secteur, il est indispensable de changer les choses ! Le ciel européen s’est ultralibéralisé, et c’est là qu’on aboutit quand on va trop loin.

Une action commune qui empêchera également la direction de Ryanair d’envoyer des équipages étrangers en Belgique pour piloter les avions atterris. ” Si nous voyons des pilotes et équipages de cabine étrangers débarquer à Bruxelles ou à Charleroi, nous en informerons l’inspection du travail. “, lance Didier Lebbe.

Et dans les prochaines semaines ? ” Cela dépend des compagnies pour renégocier, mais le directeur général fantôme de Brussels Airlines n’a pas encore donné signe de vie. Et du côté de Ryanair, O’Leary devra mettre fin à ses discours insultants…

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