Guerre en Ukraine : la conquête du Donbass par les Russes avant la paix ?

L’essentiel Trois mois après le début de la guerre en Ukraine, les Russes veulent s’assurer le contrôle du Donbass. La clé des négociations de paix ?

Trois mois après le lancement par Vladimir Poutine de son “opération spéciale” le 24 février, la guerre d’Ukraine pourrait connaître un tournant dans les prochaines heures. A défaut d’obtenir la reddition des Ukrainiens comme prévu, les Russes se concentrent désormais dans l’est du pays, concentrant tous leurs moyens pour s’emparer du Donbass et plus particulièrement de la ville de Severodonetsk, qui pourrait unir Marioupol à la triste liste des villes martyres. . Frappée sans arrêt pendant plusieurs jours, Severodonetsk, dans laquelle il ne resterait qu’environ 15 000 civils pour 100 000 habitants, pourrait tomber aux mains des Russes, étant finalement une victoire à afficher après les déboires enregistrés depuis trois mois face à la résistance. Ukrainiens.

3 mois de guerre en Ukraine

Kyiv ne s’y est pas trompé, qui, s’inquiétant du risque de débordement, réclame davantage d’armes lourdes à la hauteur de la puissance de feu russe. “L’ennemi est clairement supérieur, en équipement, en nombre de soldats”, a reconnu mercredi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’Ukraine souhaite surtout recevoir des unités mobiles capables d’envoyer plusieurs roquettes simultanément. Dans cette région, les villages de première ligne ont été vidés de leurs habitants, les récalcitrants, souvent âgés, passent le plus clair de leur temps à se terrer dans les caves.

“Les combats ont atteint leur paroxysme et une étape longue et extrêmement difficile nous attend”, a résumé hier le vice-ministre de la Défense Ganna Malyar à Kyiv, alors que Kharkiv était à nouveau bombardé.

“Poutine ne pourra pas dicter la paix”, déclare le chancelier Scholz

Volodymyr Zelensky a appelé mercredi au “soutien d’une Europe unie”, déplorant le manque de cohésion des Occidentaux face à cette guerre, qui vient d’entrer dans son quatrième mois. S’exprimant lors d’un sommet de Davos en visioconférence, le président ukrainien a appelé mercredi ses alliés occidentaux à cesser de sauver la Russie ou ses intérêts. “Peu importe ce que fait l’Etat russe, il y a toujours quelqu’un pour dire : tenons compte de leurs intérêts. Nous devons faire de notre mieux pour le faire […] les intérêts des Ukrainiens ne sont pas supplantés par les intérêts de ceux qui sont toujours pressés de se précipiter vers une autre rencontre avec le dictateur », a-t-il dit, sans nommer le président russe Vladimir Poutine.

Un Vladimir Poutine qui semble vouloir accélérer son contrôle sur le Donbass comme il l’avait fait en 2014 en Crimée. Moscou a ainsi annoncé que la Russie autoriserait les habitants des régions de Zaporijia et de Kherson à demander un passeport russe, ce qui signifierait une annexion totale aux yeux de Kyiv, et une sorte de “gel” du conflit dans les conditions. établi par Poutine. Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est dit hier “convaincu” que la Russie ne gagnerait pas la guerre qu’elle a provoquée en Ukraine.

L’armée russe patrouille dans la centrale hydroélectrique de Kakhovka dans l’oblast de Kherson au milieu de l’action militaire russe en cours en Ukraine. AFP – SERGEY BOBOK

“C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. L’Ukraine ne l’acceptera pas, et nous non plus”, a insisté la chancelière allemande. La vérité est que Vladimir Poutine, aussi isolé qu’il soit sur la scène internationale, loin de ses objectifs initiaux, a des cartes en main : en l’absence d’accord européen sur un embargo sur les importations de gaz et de pétrole russes, il dispose de rentrées d’argent qui vous permettent de résister aux sanctions économiques et financières. Et avec le contrôle maritime de la mer d’Azov, Poutine est en mesure d’empêcher les expéditions de blé, que Londres a qualifié de “chantage”. »

Après trois mois de conflit, il semble pourtant qu’un espace soit ouvert pour un retour à la diplomatie, qui nécessitera, comme dans toute négociation, des concessions de part et d’autre. Mais rien ne peut se faire sans un cessez-le-feu, qui n’est pas encore à l’ordre du jour. La Russie a rejeté hier avec mépris un plan de paix italien. La guerre en Ukraine, dont 6,5 millions de personnes ont fui les combats, est loin d’être terminée…

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