Les combats avec les forces russes ont atteint la périphérie de Severodonetsk, une ville de l’est de l’Ukraine, a déclaré mercredi un gouverneur ukrainien, lorsque Moscou a adopté une loi abolissant la limite d’âge pour rejoindre l’armée.
Voici un point sur la situation au 91e jour de la guerre basé sur des informations de journalistes de l’AFP sur le site, des déclarations officielles d’officiels ukrainiens et russes, de sources occidentales, d’analystes et d’organisations internationales.
Situation tendue à l’Est
La situation est “très difficile” à Severodonetsk, dont la périphérie est désormais le champ de bataille entre les forces russes et ukrainiennes, a déclaré à Telegram Sergei Gaidai, gouverneur de la région de Lougansk, où se trouve la ville.
L’armée russe bombarde Severodonetsk “en permanence”, y compris à l’aide de multiples lance-roquettes, les bombes visent aussi l’usine d’Azot, où des civils se réfugient dans des abris anti-aériens, accuse-t-il.
Selon le gouverneur, “la semaine prochaine sera décisive” à Severodonetsk, où vivaient 100.000 personnes avant la guerre, mais où les troupes russes et les combattants séparatistes pro-russes sont sous pression depuis des semaines.
Un représentant des séparatistes pro-russes combattant aux côtés de Moscou, cité par l’agence russe Interfax, a affirmé que la ville était “encerclée” sur trois côtés et que le seul pont qui lui permettait de partir était désormais sous contrôle russe.
A l’est, “les forces russes ont plus avancé la semaine dernière que pendant le reste du mois de mai, mais les progrès restent lents, limités à des objectifs plus petits que ceux fixés par le Kremlin”, a-t-il déclaré. ), basé aux États-Unis.
Moscou, qui “a renoncé à encercler d’un coup toutes les forces ukrainiennes à l’est”, tente désormais de “sécuriser des encerclements plus petits (des troupes de Kiev, ndlr) qui leur permettront de faire des gains progressifs et mesurés” selon l’ISW. .
Parmi ces poches que les Russes tentent d’accaparer à la rigueur dans le Donbass : Severodonesk, donc, mais aussi Bakhmout-Lyssychansk, Zolote (près de Popasna) et autour d’Avdiivka, selon l’US Research Center.
La chute de Bakhmut dans la province de Donetsk donnerait aux Russes le contrôle d’un carrefour qui sert actuellement de centre de commandement de fortune pour une grande partie de l’effort de guerre de l’Ukraine.
L’armée russe affirme avoir frappé trois centres de commandement, dont près de Bakhmout, ainsi qu’un centre de logistique militaire près de Soledar.
Destruction au sud
Si le front sud semble stable, “des missiles de haute précision tirés depuis la mer et l’air ont détruit à Zaporijia les ateliers de production de la Sitch Motor Factory, qui fabrique des moteurs d’avions pour l’aviation militaire ukrainienne”, a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konashenkov. Mercredi matin.
Selon l’administration militaire de Zaporijia, sur les “quatre missiles de croisière” tirés sur la ville, un a été intercepté par la défense aérienne ukrainienne, mais les autres ont endommagé un total de 62 maisons, tuant une femme et faisant trois blessés.
Plus à l’est, Moscou affirme également avoir détruit, près de la gare de Pokrovskoe, des unités ukrainiennes marchant en renfort sur le Donbass.
Dans le sud, le déminage et la “démilitarisation” du port de Marioupol sont terminés, a déclaré Konashenkov. Cet important port sur la mer d’Azov a retrouvé un “fonctionnement régulier”, a-t-il poursuivi.
L’armée ukrainienne, de son côté, a montré les premières images de la dizaine d’obus César donnés par la France et désormais actifs contre l’armée russe, sans préciser où ils sont mobilisés. Une douzaine d’obus supplémentaires seront fournis à Kiev par les Pays-Bas et l’Allemagne.
Des dizaines de milliers de morts
Il n’y a pas d’évaluation globale des victimes civiles du conflit. Pour la seule ville de Marioupol, les autorités ukrainiennes font état de 20 000 morts.
Au niveau militaire, le ministère de la Défense ukrainien estime les pertes russes à plus de 29 200 hommes, 204 avions et environ 1 300 chars depuis le début de l’invasion le 24 février.
Si le Kremlin a reconnu “des pertes importantes”, Vladimir Poutine a rendu visite mercredi pour la première fois aux soldats russes blessés en Ukraine. S’adressant à un soldat en pyjama rayé, le président russe a déclaré que son fils de neuf mois serait “fier de son père”.
Selon des sources occidentales, quelque 12 000 soldats russes ont été tués, ont indiqué à l’AFP environ 15 000 sources militaires françaises.
Ces pertes pendant trois mois sont proches de celles enregistrées en neuf ans par l’armée soviétique en Afghanistan, a indiqué le ministère britannique de la Défense.
Le parlement russe a levé mercredi la limite d’âge pour s’enrôler dans l’armée. Tout volontaire n’ayant pas atteint l’âge légal de la retraite, actuellement fixé à 61,5 ans pour les hommes, peut porter un uniforme militaire.
Le président Zelensky a déclaré à la mi-avril qu’entre 2 500 et 3 000 soldats ukrainiens avaient été tués et environ 10 000 blessés.
Aucune statistique autonome disponible.
Un tiers des Ukrainiens déplacés ou réfugiés
Plus de huit millions d’Ukrainiens ont été déplacés à l’intérieur du pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). A cela s’ajoutent 6,5 millions qui ont fui à l’étranger, dont plus de la moitié -3,4 millions- en Pologne.