Hamon mérite la transparence

La transparence réclamée par l’opposition wallonne sur la faillite de la société Hamon dans laquelle la Wallonie a investi des dizaines de millions d’euros est légitime. Et cela va finalement au-delà du dossier lui-même. Non pas parce qu’il y a nécessairement des raisons de condamner qui que ce soit. Nous ne savons pas. D’autant moins qu’il s’avère que l’argent public investi de façon importante dans cette entreprise l’a été malgré le bon sens. Nous ne savons pas non plus. Mais que ce soit le cas ou non, chacun, élu en tant que citoyen, gagnera à connaître tous les tenants et les aboutissants de ce dossier, la justification de certaines situations, et toutes les raisons qui ont amené les pouvoirs publics à croire à un avenir positif pour à cette entreprise en difficulté.

Il est incompréhensible que la majorité en place dans le sud du pays (PS, MR et Écolo) joue un peu la carte de l’omerta en refusant de transmettre – avec les précautions d’usage bien sûr – tous les documents relatifs à cette question. Il est vrai que la majorité peut craindre que l’opposition incarnée par les Engagés et le PTB ne cherche à la mettre en difficulté. C’est du fair-play, c’est de la politique. Mais alors, pourquoi se limiter à rejeter les demandes d’audiences en bloc des principaux acteurs de cette affaire ? Si la demande de constitution d’une commission spéciale est certes excessive, la rejeter ne signifie pas clairement à la majorité de répondre à toutes les questions qui se posent encore.

Le gouvernement wallon dispose, nous dit-on, de tous les documents qui lui permettent de montrer que les zones d’ombre évoquées par l’opposition ne sont pas des zones d’ombre et que toute cette affaire se jouait régulièrement. Alors pourquoi refuser de les produire ?

Être transparent n’est certainement pas un aveu de faiblesse. Dans une démocratie, si c’est la majorité qui gouverne, la minorité ne peut jamais être considérée comme une somme insignifiante. Le rôle d’un parlement est avant tout de contrôler l’action du gouvernement. Si ce dernier est irréprochable, il doit au moins le prouver à ceux qui en doutent.

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